Trop d’accidents liés aux silos, dit la CNESST

De récents accidents de travail survenus sur des fermes de l’Estrie incitent la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) à tirer la sonnette d’alarme.

Deux accidents graves, dont un mortel, sont survenus en moins d’un mois et la CNESST veut rappeler aux travailleurs et aux employeurs les procédures sécuritaires à adopter lors d’une entrée dans un silo-tour. 

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Ces imposantes structures indissociables du paysage agricole sont des espaces clos qui présentent des risques pour la santé et la sécurité de quiconque y pénètre, notamment durant la période de fermentation de l’ensilage, des fourrages ou des grains mis en silos. Les gaz qui en émanent alors risquent de provoquer une atteinte permanente aux poumons et des blessures graves, et même d’entraîner la mort, avertit la CNESST.

À la fin juillet, un homme de 33 ans est décédé après avoir fait une chute de quelques mètres d’un silo à foin à Saint-Herménégilde, près de Coaticook. Nicholas Lanciaux effectuait une tâche reliée à l’ensilage quand il se trouvait en haut à l’extérieur du silo.

Le 15 août, un travailleur agricole âgé dans la cinquantaine s’est retrouvé dans un état critique après être entré dans un silo et avoir été intoxiqué par un gaz. On ne craint plus pour sa vie aujourd’hui, signale la CNESST.    

L’organisme a ouvert des dossiers à la suite de ces accidents de travail. On veut profiter de la haute saison des récoltes en ensilage pour faire de la prévention.

La fermentation de l’ensilage produit du dioxyde de carbone (CO2) et du dioxyde d’azote (NO2). Ces gaz lourds peuvent s’accumuler rapidement dans le silo et prendre la place de l’oxygène, précise-t-on. 

Lors de l’ouverture d’une porte ou de l’entrée dans le silo, l’atmosphère riche en CO2 devient toxique et asphyxiante. Elle est susceptible d’entraîner une perte de conscience instantanée, voire une chute grave. 

Quant au NO2, même une faible concentration mène à de graves conséquences. Ce gaz à l’odeur d’eau de Javel est très irritant et ses effets nocifs peuvent survenir plusieurs heures après l’inhalation, même en absence initiale d’inconfort. Les symptômes disparaissent parfois pour revenir plus tard sous forme de difficultés respiratoires. Une personne exposée au dioxyde d’azote doit rapidement consulter un médecin, mentionne-t-on dans un communiqué de presse.

 Pour en savoir plus sur les dangers des silos agricoles, on peut consulter le site web de la CNESST à l’adresse  www.cnesst.gouv.qc.ca/agriculture.