Jean-Yves Bouffard (Godbout), Carl Beaulieu (Tourisme Côte-Nord), Yves Montigny (Baie-Comeau), Antonio Hortas (Chambre de commerce), Marcel Furlong (MRC de Manicouagan) et le député Martin Ouellet ont réclamé d’une même voix des actions rapides de Québec pour compenser la région en lien avec la saga de la traverse Matane-Côte-Nord.

Traverse Matane–Côte-Nord: plusieurs compensations réclamées au gouvernement

BAIE-COMEAU — Enquête publique, investissements dans des projets économiques, campagne de publicité de près de 600 000 $ sur cinq ans, gratuité sur le traversier en période estivale. Voilà, pêle-mêle, quelques-unes des actions que réclame la Manicouagan au gouvernement pour se faire compenser dans l’interminable saga qui marque la traverse Matane-Côte-Nord.

Lundi matin, sous l’égide de la Chambre de commerce de Manicouagan, les maires de Baie-Comeau et Godbout, le député provincial, le préfet de la MRC de Manicouagan et Tourisme Côte-Nord ont fait front commun. Tout ce beau monde a déjà rencontré le ministre des Transports, François Bonnardel, mais ils considèrent maintenant que le statu quo gouvernemental n’est plus acceptable.

La demande la plus originale est venue du maire de Baie-Comeau, Yves Montigny, qui réclame des investissements gouvernementaux dans des projets de développement économique de la municipalité, comme le projet de voie ferrée QcRail et l’usine de traitement de Mason Graphite, en attendant que la situation du traversier revienne à la normale. «Ça permettrait de voir le soutien du gouvernement envers la région», a-t-il lancé.

Pour sa part, le député de René-Lévesque réclamait pour une énième fois une enquête publique sur les ratés du traversier F.-A.-Gauthier, qui ne sera pas en fonction avant la mi-août au plus tôt. Martin Ouellet soutient aussi que la Manicouagan «ne demande pas la Lune» et que les torts causés par les pépins des traversiers sont incommensurables. «Tous les médias parlent du bateau à chaque jour et on doit lutter contre cette image négative. Les mesures demandées, ce n’est pas démesuré, c’est vital», a-t-il affirmé en ajoutant qu’il ne voulait pas «d’un Apollo 2 ou un Apollo 3» comme bateau de remplacement.

Une autres des demandes provient de Tourisme Côte-Nord, qui exige de Québec 575 000 $ sur cinq ans, dont 200 000 $ dès cette année, pour des campagnes de publicité afin de remédier aux effets négatifs sur le tourisme qu’ont entraîné les problèmes du traversier. «Dix ans d’efforts de communications et de promotion visant à augmenter la notoriété de la Côte-Nord ont été mis à l’épreuve par les événements des dernières semaines», a confié le représentant de l’organisme, Carl Beaulieu.

Le préfet de la MRC de Manicouagan, Marcel Furlong, a quant à lui rappelé l’importance de prolonger la route 138 en Basse-Côte-Nord et surtout, d’ériger le tant souhaité pont sur le Saguenay. «Parfois, dépendant des bris et des conditions météo, on s’est retrouvé complètement enclavé, sans traverse entre Matane et la Côte-Nord et aussi à Tadoussac, avec une route fermée vers le Saguenay et pas de service aérien. La solution, c’est un pont», a-t-il déclaré.

Quant à la Chambre de commerce de Manicouagan, elle entend présenter six mesures à la Société des traversiers du Québec, dont une modification de l’horaire des traversées et l’instauration de certaines gratuités sur les navires de la STQ en période estivale pour favoriser l’achalandage sur le territoire nord-côtier.

Tous les intervenants ont dit souhaiter que Québec se commette rapidement sur leurs demandes, même aussi tôt qu’au dépôt du premier budget du gouvernement de la Coalition avenir Québec, prévu la semaine prochaine.