Le 6 avril 2018, l’autocar des Broncos de Humboldt qui arrivait à un carrefour d’une route rurale du nord de la Saskatchewan n’a pu éviter un semi-remorque dont le chauffeur n’avait pas respecté un panneau d’arrêt obligatoire. Seize personnes ont été tuées et 13 autres ont été blessées dans l’accident - toutes des occupants de l’autocar des Broncos.

Tragédie de Humboldt: le gouvernement Kenney songe à assouplir les règles de camionnage en Alberta

EDMONTON — Plusieurs familles touchées par l’accident mortel de l’autocar des Broncos de Humboldt déplorent l’assouplissement proposé par le gouvernement de l’Alberta à la réglementation du camionnage.

À la suite de l’accident mortel survenu en avril 2018, la Saskatchewan, l’Alberta et le Manitoba obligent dorénavant tous les chauffeurs de camions et d’autocars à suivre une formation. Le ministre des Transports de l’Alberta, Ric McIver, a toutefois confirmé sur Facebook mardi soir que la province réévaluerait la pertinence de cette restriction pour les chauffeurs d’autobus scolaires et les agriculteurs.

Les familles des 16 personnes tuées et des 13 autres blessées dans la tragédie ont aussitôt dénoncé dans les médias sociaux ce «ridicule système à deux vitesses» proposé par le gouvernement, qualifié de «dégoûtant».

Toby Boulet, dont le fils Logan a été tué dans l’accident, affirme que les mêmes règles doivent s’appliquer aux chauffeurs de camions commerciaux et aux travailleurs agricoles. «J’aimerais discuter en face à face avec quiconque croit qu’un chargement de céréales a plus de valeur que la vie de mon fils», a-t-il écrit sur Twitter.

Le premier ministre albertain Jason Kenney a lui-même suggéré mardi que les règles pour les conducteurs d’autobus scolaires et les agriculteurs soient assouplies. «Si un agriculteur amène simplement son camion de céréales à l’élévateur à grain du coin, ou au terminal régional, et qu’il a un dossier de conduite parfait et qu’il transporte son propre produit, je pense qu’une certaine considération pourrait être accordée, parce qu’on ne parle pas de camionneurs professionnels. Ce ne sont pas des camionneurs à temps plein», a soutenu M. Kenney mardi à Calgary. «C’est un enjeu complexe.»

M. Boulet et les autres familles qui ont perdu un proche dans l’accident des Broncos estiment qu’il n’y a rien de complexe là-dedans. «Venez visiter les 29 (familles de victimes) et nous expliquer pourquoi on devrait faire ça, écrit Tom Straschnitzki sur Twitter. J’espère que ça n’arrivera jamais à leurs enfants, à leur conjoint ou à leur famille. Si cela se produisait, les changements attendus se produiraient beaucoup plus vite.»

Le 6 avril 2018, l’autocar de l’équipe de hockey junior des Broncos de Humboldt qui arrivait à un carrefour d’une route rurale du nord de la Saskatchewan n’a pu éviter un semi-remorque dont le chauffeur n’avait pas respecté un panneau d’arrêt obligatoire. Seize personnes ont été tuées et 13 autres ont été blessées dans l’accident - toutes des occupants de l’autocar des Broncos.

Au procès, la défense a plaidé que le chauffeur du semi-remorque avait été embauché par une petite entreprise de camionnage de Calgary trois semaines plus tôt et qu’il avait passé deux semaines avec un autre camionneur avant d’être lancé seul sur les routes.