Le restaurant Toast!

Toast! et SSS: deux autres restaurants ferment dans le Vieux-Port de Québec

Manque de bras, épuisement professionnel, horaire surchargé, le temps des Fêtes n’est pas de tout repos pour les restaurateurs. Après Le Brigantin, les restaurants Toast! et SSS ont fermé leurs portes dans la capitale le 1er janvier.

Mercredi, la direction du Toast! a annoncé sur sa page Facebook que l’établissement cessait ses activités après 15 ans. Dans sa missive, elle remercie ses employés et ses fournisseurs ainsi que les gens qui ont participé à l’aventure.

«C’est avec un gros pincement au cœur que Christian [Lemelin] et Stéphane [D’Anjou] vous annoncent la fermeture de TOAST! de façon définitive. Un GROS MERCI et beaucoup de reconnaissances pour ces 15 magnifiques années», peut-on lire.

Il faut dire que la fin 2017 et la moitié de 2018 auront donné des maux de tête aux patrons de ce restaurant, situé sur la rue Sault-au-Matelot. En décembre 2017, l’établissement, hébergé dans l’hôtel Le Priori, avait notamment été la proie des flammes. 

Le feu avait pris naissance dans la hotte de la cuisine et avait causé d’importants dommages forçant la direction à refuser des clients pendant environ sept mois. Le temps de rénover l’endroit.

En juillet dernier, les propriétaires prenaient de nouveau des réservations pour la salle à manger de 34 places. Il y avait également un salon privé qui pouvait accueillir une vingtaine de personnes ainsi qu’une terrasse de 70 places.

Joint par Le Soleil, M. D’Anjou assure que l’établissement était toujours rentable et que cette décision n’a pas été prise en lien avec la pénurie de main-d’œuvre. Il refuse aussi de dresser un lien entre l’incendie et la fermeture. «C’est vraiment une coïncidence».

Horaire atypique

Celui qui est dans le domaine de la restauration depuis environ 35 ans ne cache toutefois pas que les horaires atypiques étaient devenus un irritant pour ses proches. 

«Mon associé et moi, nous avions envie de passer à autre chose. Nous sommes une équipe et nous avions besoin d’air frais. C’est pourquoi nous avons décidé de mettre fin à l’aventure», avance-t-il, maintenant à la recherche d’un nouveau défi. «Ce n’est pas une faillite. Nous avons toujours aimé notre métier. Justement, avant d’être trop tannés, nous avons choisi de passer à autre chose. Le monde de la restauration, ce n’est jamais facile. [...] Le fait de travailler durant le soir et la fin de semaine, cela finit par être épuisant pour notre entourage», poursuit-il.

Le duo était également propriétaire du restaurant SSS, situé sur la rue Saint-Paul. Ce dernier, qui pouvait accueillir en salle à manger 65 clients et une vingtaine sur sa terrasse, était ouvert depuis 9 ans. Contrairement au Toast!, cet établissement est aujourd’hui à vendre.

«Nous n’avons pas voulu vendre l’enseigne, car le Toast! est une grosse partie de nous. On ne souhaitait pas de suite. C’est un nom qui est synonyme de qualité», note l’homme d’affaires de 54 ans. «On sait jamais, nous nous gardons une petite porte ouverte», ajoute-t-il.

Manque de main-d’œuvre 

Quant au Brigantin, situé également dans le Vieux-Port de Québec, les propriétaires ont fermé l’établissement le 31 décembre dernier après vingt ans d’activités. C’est le manque de main-d’œuvre qui aurait forcé la direction à prendre cette décision.

Tout comme le Café St-Malo [aujourd’hui Bistro St-Malo], aussi dans le Vieux-Port, qui a été vendu au début du mois de décembre. Les anciens propriétaires ont récemment mentionné au Journal de Québec que le manque de main-d’œuvre de qualité avait influencé leur décision. 

Selon un rapport produit par l’équipe économique de Desjardins, en 2017, la province comptait un peu plus de 20 000 restaurants à service complet et à service restreint (comptoirs). Cette année-là, 263 établissements avaient fermé au Québec, comparativement à 310 en 2016 et 303 en 2015.

Desjardins avançait alors que le secteur de la restauration pourrait souffrir du manque de main-d’œuvre au cours des prochaines années. En 2017, 224 800 personnes travaillaient dans ce domaine d’affaires. 

Selon une étude de Tourisme Canada, en 2020, 8713 postes en restauration ne pourront pas être comblés à travers le pays en raison du manque d’employés. Ce nombre grimpera à 13 809 en 2030 et à 18 943 en 2035.

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Christian Lemelin et Stéphane D’Anjou, du restaurant Toast!