Le taux d’assiduité, c’est le pourcentage du nombre de visites en première ligne effectuées auprès d’un médecin de famille ou d’un groupe de médecine familiale.

Taux d’assiduité des médecins: pas de pénalités, promet le gouvernement Legault

Alors que la Coalition avenir Québec (CAQ) dénonçait cette règle quand elle était sur les banquettes de l’opposition, le gouvernement Legault est aujourd’hui plus nuancé, estimant que le taux d’assiduité reste un «bon indicateur» pour mesurer le suivi des patients pris en charge par les médecins. Il ne prévoit toutefois pas appliquer de pénalités si les médecins ne sont pas suffisamment assidus auprès de leurs patients.

Le taux d’assiduité, c’est le pourcentage du nombre de visites médicales en première ligne effectuées auprès de son médecin de famille ou de son groupe de médecine familiale (GMF). Le gouvernement Couillard avait fixé une cible de 80 % de taux d’assiduité et prévu des pénalités pour les médecins qui n’atteignaient cet objectif. Celui-ci a finalement été largement atteint, frôlant aujourd’hui les 85 %. 

Sauf que la cible, ou plus exactement les menaces de pénalités, ont eu comme conséquences que des GMF et des CLSC ont fermé leur sans rendez-vous aux patients orphelins, privilégiant leur clientèle inscrite. Des médecins ont également limité la prise en charge de nouveaux patients par crainte de nuire à l’objectif d’assiduité.

La CAQ a dénoncé cette règle quand elle était dans l’opposition. Le député de Lévis, François Paradis, alors porte-parole du parti en matière de santé, déplorait qu’«une telle règle ait été mise en place sans penser aux effets pervers que ça pouvait avoir». «Il faut revoir ce concept d’assiduité, faire preuve de flexibilité et de souplesse pour avoir un équilibre entre la demande et l’offre», disait-il.

«Trop tôt»

Au bout du fil, cette semaine, la directrice des communications du cabinet de la ministre Danielle McCann, Monique Guay, a indiqué qu’il était «trop tôt» pour statuer sur l’avenir de la règle du taux d’assiduité. «Ça demeure un indicateur important pour mesurer le suivi des patients pris en charge par un médecin», a dit Mme Guay, ajoutant que le ministère de la Santé allait «continuer de suivre le taux d’assiduité».

«Mais il n’y a pas de pénalités qui seront appliquées [aux médecins qui seraient en dessous de la cible fixée]. Ce n’est pas dans notre radar d’appliquer des sanctions ou des pénalités», a poursuivi la porte-parole du cabinet de la ministre de la Santé. 

Le pari fait par le gouvernement Legault, c’est que ses deux «mesures phares», soit les changements dans le mode de rémunération des médecins et le décloisonnement des pratiques professionnelles, «vont avoir un effet direct sur le taux de prise en charge et de suivi des patients». «On est optimiste quant aux résultats de ces mesures. Les modalités [de mesure de l’assiduité des médecins] pourraient changer», a mentionné Mme Guay.

Il n’a pas été possible de savoir quand le gouvernement caquiste compte mettre en branle ses deux «mesures phares» et de connaître son plan de match à cet égard. «Nous avons déjà commencé à travailler sur nos mesures phares. Nous sommes confiants d’obtenir des résultats concrets rapidement», a simplement indiqué Mme Guay.