La Sherbrookoise Cassandra Bourget et l’ancien joueur du Phœnix Kay Schweri filent le parfait bonheur en Suisse.

Suivre son cœur jusqu'en Suisse

SHERBROOKE — Cassandra Bourget était très loin de se douter de la vie qui l’attendait. Bien enracinée à Sherbrooke avec sa famille et ses amies à 18 ans, voici qu’elle se retrouve, à peine quelques années plus tard, à vivre en Suisse avec un joueur de hockey. La Sherbrookoise a rencontré Kay Schweri lorsqu’il évoluait avec le Phœnix et ç’a été le coup de foudre.

C’est grâce à une amie que Cassandra et Kay se sont rencontrés.

«Une amie fréquentait depuis quelque temps l’autre Suisse de l’équipe Tim Wieser, explique-t-elle en entrevue téléphonique avec La Tribune. Kay et Tim étaient toujours ensemble. Elle m’a dit que si je rencontrais Kay, elle allait pouvoir enfin être seule avec Tim. Elle a organisé une date à quatre en janvier 2015 et c’est là qu’on s’est rencontrés.»

La vie de Cassandra était alors chamboulée. Celle qui n’avait jamais assisté à un match du Phœnix, et qui de son propre aveu ne s’intéressait pas au monde du hockey, était maintenant une partisane indéfectible de l’équipe et surtout de Kay, joueur vedette.

Les deux tourtereaux filent le parfait bonheur, mais le hockey junior oblige, l’aventure de Kay avec le Phœnix prend fin en 2016 et l’heure est aux décisions. Kay a obtenu un contrat pour jouer professionnel en Suisse, une opportunité qu’il ne peut laisser passer.

«Kay était presque tout le temps chez moi donc mes parents ont eu le temps de bien le connaître et ils l’apprécient vraiment beaucoup, explique Cassandra. Ma mère m’a vraiment beaucoup encouragée à y aller et elle me disait que c’était une expérience que je devais saisir. Ce n’est pas tout le monde qui a cette chance. Mon père m’a aussi encouragée, mais il était un peu plus réticent, mais je pense que c’était plus parce qu’il ne me verrait pas pendant plusieurs mois. Je leur parle toutes les semaines.»

«Ce n’était pas une surprise, confirme sa mère. Nous avons eu la chance de bien connaître Kay et on connaît nos enfants. On le savait que c’était le bon pour notre fille. Et comme maman, je savais qu’elle partait là-bas avec un revenu stable et un appartement fourni.»

De Genève à Rapperswill

Kay et Cassandra ont passé les deux premières saisons à Genève. Lorsque le contrat a été échu, la formation de la petite ville de Rapperswill s’est montrée intéressée par les services de Kay. C’était un autre dépaysement majeur pour le jeune couple.

«À Genève, c’était en français, mais maintenant tout se passe en allemand, explique Cassandra. C’était plus facile à Genève de rencontrer des gens, se faire des amis ou juste aller à l’épicerie. Mais en même temps, ça me pousse à apprendre l’allemand, je n’ai pas le choix.»

D’apprendre l’allemand est justement l’une des activités principales de Cassandra puisqu’il lui est difficile, voire impossible, de se trouver un emploi en Suisse.

«Je n’ai pas pu obtenir de visa de travail, admet-elle. J’ai seulement un visa qui me permet d’être dans le pays. Je suis des cours d’allemand parce que c’est la langue de Kay. Je me suis impliquée dans une équipe de cheerleading. J’ai entraîné une équipe pendant deux ans. Pour avoir un visa de travail, ça va devoir attendre qu’on soit mariés. Sinon le seul moyen est de te faire engager par un employeur et qu’il démontre que tu as des capacités qu’il n’était pas capable de trouver en Suisse. C’est vraiment compliqué. En étant mariée, j’aurais droit au visa de regroupement familial et ça me donnerait droit à tout.»

Et de se marier est justement dans les plans du couple même si aucune date n’a encore été décidée.

Entre-temps Cassandra et Kay reviennent chaque été à Sherbrooke et Kay en profite pour s’entraîner au Triolet.

«On aimerait les deux retourner au Canada après la carrière de Kay, résume Cassandra. Kay a beaucoup aimé le Canada.»

La Sherbrookoise Cassandra Bourget et l’ancien joueur du Phœnix Kay Schweri filent le parfait bonheur en Suisse.

«On mène une belle vie»

Kay Schweri, l’ancien joueur étoile du Phœnix de Sherbrooke, roule sa bosse depuis déjà trois saisons dans la ligue d’élite en Suisse, l’une des meilleures d’Europe.

«C’est vraiment différent, c’est un travail maintenant, souligne-t-il. Il y a plus de pression, mais j’aime ça. On mène une belle vie.»

L’adaptation n’est pas toujours facile pour Kay, un joueur de petite stature, puisqu’il joue maintenant avec des joueurs plus âgés. Il n’a qu’un seul but en 12 rencontres cette saison avec les Lakers de Rapperswill. Il a connu des saisons de 13 et 9 points à Genève.

La ligue suisse est toutefois l’une des bonnes ligues dans le monde puisque les équipes ont droit à quatre joueurs étrangers et que les joueurs empochent de bonnes sommes. C’est donc une ligue qui attire le talent. Marc-Antoine Pouliot, Matt D’Agostini, Maxim Lapierre, Kevin Klein et Torrey Mitchell ne sont que quelques exemples de joueurs qui ont joué dans la LNH et qui évoluent maintenant en Suisse.

Malgré tout, Kay voit loin.

«Je veux m’établir dans la ligue suisse et devenir l’un des meilleurs joueurs, résume l’athlète de 21 ans. Ensuite tout peut arriver, j’aimerais vraiment revenir jouer en Amérique du Nord.»

Le fameux match contre Québec

Lorsqu’on demande à Kay quel est son meilleur souvenir dans l’uniforme bleu et beige, il répond sans détour le match d’ouverture de la saison 2014-2015 contre les Remparts de Québec. Kay Schweri disputait alors son premier match dans l’uniforme sherbrookois. Il n’avait pas connu un très bon camp d’entraînement en étant même pratiquement invisible. Mais tout a débloqué pour lui ce soir-là avec une récolte de quatre mentions d’aide dans un Palais des sports survolté lors d’un match disputé à guichet fermé.

C’était le début officiel de la Suisse connection à Sherbrooke. Kay Schweri et Tim Wieser ont fait la pluie et le beau temps dans les Cantons de l’Est avec une récolte combinée de 214 points en 202 matchs.

«C’était incroyable avec les amateurs et aussi avec le retrait du chandail de Jocelyn Thibault avant le match. C’était un jour très spécial», se souvient Kay. 

Plus jeune, Cassandra Bourget ne s’intéressait pas du tout au hockey. Tout a changé lorsqu’elle a rencontré Kay Schweri en 2015 à Sherbrooke.