Selon un sondage Léger effectué auprès des 421 employeurs privés de la région de Québec à la demande de la Chambre de commerce et de l’Industrie de Québec, 17 % de leurs effectifs travailleront toujours de leur domicile en décembre comparativement à 57 % en mars et 32 % en juillet.
Selon un sondage Léger effectué auprès des 421 employeurs privés de la région de Québec à la demande de la Chambre de commerce et de l’Industrie de Québec, 17 % de leurs effectifs travailleront toujours de leur domicile en décembre comparativement à 57 % en mars et 32 % en juillet.

Sondage Léger: le télétravail en baisse à Québec, mais là pour rester 

Jean-François Tardif
Jean-François Tardif
Le Soleil
Même s’il est là pour rester, le télétravail à temps plein ne devrait pas être l’affaire d’une majorité de travailleurs de la région de Québec dans un proche avenir. Selon un sondage Léger effectué auprès des 421 employeurs privés à la demande de la Chambre de commerce et de l’Industrie de Québec (CCIQ), 17 % de leurs effectifs travailleront toujours de leur domicile en décembre comparativement à 57 % en mars et 32 % en juillet.

«On a vécu, en quelques mois, 10 ans de changements», a lancé Steeve Lavoie, président et chef de la direction de la Chambre de commerce et de l’industrie de Québec. «Avant le début de la pandémie, le pourcentage des gens qui étaient en télétravail était tellement faible que l’on peut dire qu’il était quasi nul. Est-ce que ce pourcentage pourrait revenir à 20 % dans le futur? Est-ce qu’il va continuer de descendre? 

«Il est trop tôt pour se prononcer sur ce que va être le télétravail en 2021 ou 2022 à Québec parce que nous sommes encore en pandémie et que nous sommes encore en train de vivre ce choc-là, que ça soit les employeurs ou les employés. Il faut leur donner le temps de s’adapter à cette nouvelle réalité qui provoquera nécessairement des changements. Mais il est trop tôt pour les prévoir. Ce que l’on sait cependant aujourd’hui et ce que l’on dit par rapport au sondage et les interprétations que l’on en fait c’est que maintenant, le télétravail fait partie de la réalité des entrepreneurs.»

Interrogé s’il était surpris que le pourcentage de télétravailleurs ait fondu de 57 % à 32 % en quelques mois et qu’il puisse subir une autre baisse importante cet automne, le président de la CCIQ a mentionné que selon Statistiques Canada, seulement 30 % des entreprises pouvaient faire du télétravail à temps plein. Il a ajouté que le chiffre de 57 % enregistré en mars était peut-être trop élevé et que le 17 % était un juste retour à la normale selon ce que les entreprises pouvaient se permettre. Il a ajouté que 17 % de télétravailleurs, c’était dans un contexte où il n’y avait pas de seconde vague de COVID-19 et que la Santé publique permettrait aux entreprises d’opérer comme elles le faisaient avant la pandémie.

Vision plus positive

Réalisé du 30 juin au 19 juillet auprès de 421 gestionnaires d’entreprises de 10 employés et plus de tous les secteurs d’activités de la région de Québec, le sondage de la firme Léger a démystifié à bien des égards le télétravail.

«Le télétravail est un sujet qui fait couler beaucoup d’encre depuis quelques mois», a expliqué Cyntia Darisse, vice-présidente, bureau de Québec, de la firme Léger. «C’est la première fois que nous questionnons des employeurs sur le sujet et pour la première fois, on a des indicateurs clairs de l’avenir de cette pratique-là.»

Obligés de composer avec le télétravail dans un délai minimal, 82 % des employeurs ont révélé que la pandémie les avait amenés à voir cette nouvelle forme de fonctionnement de manière plus positive. D’ailleurs plus de la moitié de celles-ci (55 %) ont modifié leur politique corporative officielle liée au télétravail pour permettre plus de flexibilité à long terme (après la pandémie). Interrogés si, selon leur perception, leurs employés appréciaient davantage ou non le télétravail que le travail au bureau, les gestionnaires ont répondu que 47 % n’avaient pas de préférence. En revanche, 24 % appréciaient travailler à la maison et autant, soit 24 %, préféraient se rendre sur les lieux de leur boulot. 


« Le télétravail est un sujet qui fait couler beaucoup d’encre depuis quelques mois. C’est la première fois que nous questionnons des employeurs sur le sujet et pour la première fois, on a des indicateurs clairs de l’avenir de cette pratique-là »
Cyntia Darisse, vice-présidente, bureau de Québec, de la firme Léger

«À mes yeux, avec l’expérience que j’ai et avec les commentaires que je reçois, ce n’est pas surprenant qu’autant de gens n’aiment pas travailler de la maison et qu’ils souhaitent retourner au bureau», a analysé M. Lavoie. «Ce n’est pas tout le monde qui est équipé pour travailler de la maison. Il y a des gens qui travaillent sur une table de cuisine avec une mauvaise chaise toute une journée. Ce n’est pas évident. Ce n’est pas évident non plus pour tout le monde la solitude quand on est habitué d’être entouré de collègues avec qui on échange à la journée longue, quand on a une vie sociale au bureau et que du jour au lendemain on nous enlève ça.» 

Le sondage a aussi permis de savoir que 62 % des employeurs estimaient que leurs employés étaient aussi productifs lorsqu’ils travaillaient de la maison. Vingt-quatre pour cent l’étaient moins et 10 % l’étaient plus. Finalement, 93 % des entreprises de la région avaient pris ou envisagent prendre des mesures pour inciter leurs employés à revenir sur leur lieu de travail, la mesure étant la plus populaire étant la distribution de matériel sanitaire (91 %). En revanche, seulement 50 % ont dit avoir l’intention d’offrir de l’aide ou soutien psychologique pour atténuer les craintes des employés face à leur retour sur les lieux de l’entreprise.

«Il est primordial dans un contexte économique aussi difficile de rappeler aux employeurs de prendre soin de leur santé mentale et de celle de leurs employés. Il ne faut pas négliger ce volet qui est essentiel à la survie d’une entreprise.»

Questionnée pourquoi la firme Léger avait limité le sondage au télétravail à temps plein, Mme Darisse a expliqué que l’objectif de l’exercice était de se doter de premiers indicateurs qui seraient plus précis possible dans le contexte de l’incertitude. Inclure le télétravail à temps partiel dans le sondage n’aurait pas pu permettre la divulgation de chiffres aussi clairs.

Parlant des résultats du sondage sur les enjeux de la mobilité régionale, M. Lavoie a expliqué que la CCIQ s’était toujours positionnée pour un plan de mobilité régionale et qu’elle continuait de croire que Québec devait se doter d’un système de transport structurant. Il a ajouté que même si le sondage révélait que 17 % de gens allaient continuer à faire du télétravail en décembre, il était trop tôt pour tirer quelques conclusions que ce soit. Il a expliqué que les plans de mobilité régionale étaient élaborés pour des besoins à moyen et à long terme, des périodes de 10, 15 et même 20 ans.