Lors de la conférence de presse de clôture, Justin Trudeau a soutenu qu’il y avait un «large accord sur la façon dont nous devons soutenir nos citoyens et aller de l’avant pour améliorer la coopération».

Sommet de l’APEC: Trudeau satisfait des progrès malgré l’impasse

PORT MORESBY, Papouasie-Nouvelle — Les désaccords sur l’organe chargé de résoudre les différends commerciaux mondiaux ont divisé les pays de la région Asie-Pacifique lors d’un sommet économique international, faisant de ce rassemblement annuel la victime d’une guerre commerciale opposant les deux plus grandes économies du monde.

Les libéraux du premier ministre Justin Trudeau plaidaient pour des changements au sein de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), suscitant l’ire du président américain Donald Trump, et avaient organisé une réunion le mois dernier à Ottawa pour commencer à élaborer une feuille de route pour les réformes.

Les États-Unis ont ouvertement bloqué la nomination de nouveaux juges pour le mécanisme de règlement des différends de l’OMC, appelé organe d’appel - une tactique qui menace de paralyser l’organisation et de l’empêcher de prendre des décisions.

Justin Trudeau a abordé la question lors d’une réunion avec le premier ministre chinois Li Keqiang mercredi dernier à Singapour. Le bureau de M. Trudeau a déclaré à ce moment que les deux parties avaient convenu d’approfondir leur coopération par le biais d’organisations telles que l’OMC.

Mais dimanche, il est apparu que les hostilités entre la Chine et les États-Unis contribuaient à une impasse au sommet de la Coopération économique Asie-Pacifique (APEC) en Papouasie-Nouvelle-Guinée sur la voie à suivre pour l’OMC et le commerce dans la région.

Lors de la conférence de presse de clôture, M. Trudeau a soutenu qu’il y avait un «large accord sur la façon dont nous devons soutenir nos citoyens et aller de l’avant pour améliorer la coopération».

«Mais je ne pense pas que ce soit une énorme surprise qu’il y ait des visions divergentes sur des éléments particuliers en matière de commerce et empêchant de parvenir à un consensus complet sur le communiqué (final)», a-t-il ajouté.

Lorsqu’on lui a demandé précisément quels pays étaient concernés, M. Trudeau a déclaré que les États-Unis et la Chine faisaient partie d’un groupe plus large.

Le président chinois Xi Jinping et le vice-président américain Mike Pence ont alimenté les hostilités samedi dans le combat pour une influence mondiale. Tous deux ont quitté le sommet dimanche en début d’après-midi au cœur de ce qui aurait été des négociations en coulisses tendues sur la formulation du communiqué final du sommet.

Selon l’Associated Press, les Américains auraient voulu que le communiqué final soit très ferme et condamne les pratiques commerciales injustes dont ils accusent la Chine. De leur côté, montrant du doigt les États-Unis, les Chinois auraient souhaité que le communiqué démontre une opposition claire au protectionnisme.

La Chine et les États-Unis au sein du PTPGP?

M. Trudeau a eu des entretiens dimanche avec les dirigeants de deux partenaires commerciaux clés - le premier ministre japonais Shinzo Abe et le premier ministre australien Scott Morrison - au cours desquels il a été question du sommet et de l’avenir d’un accord commercial entre 11 pays du littoral du Pacifique.

L’entente, connue sous le nom de Partenariat transpacifique global et progressiste (PTPGP), a été un sujet maintes fois abordé par le premier ministre lors de son séjour dans la capitale de cette nation insulaire.

Le Canada est devenu l’un des six premiers signataires à ratifier le PTPGP, ouvrant la voie à son entrée en vigueur en décembre.

Des observateurs disent qu’il est question d’admettre les États-Unis et la Chine dans le PTPGP afin de créer un pacte commercial régional plus ambitieux.

S’exprimant par l’intermédiaire d’un traducteur, M. Abe a déclaré qu’il était prêt à travailler avec M. Trudeau «pour élargir ce secteur commercial, qui disposerait de règles libres et équitables» et créerait une relation plus étroite «afin de relever divers défis mondiaux».

M. Morrison a souligné que les pays qui ont ratifié l’accord «laissaient la porte ouverte à d’autres pour s’ajouter, ce que nous accueillerions volontiers».

Lors de sa rencontre avec le premier ministre australien, M. Trudeau a affirmé que le Canada et l’Australie s’étaient «alignés au cours des deux derniers jours sur les grandes questions de commerce et d’un ordre fondé sur des règles», tout en notant que «les discussions se poursuivent jusqu’à la dernière minute».

Lors de sa conférence de presse de clôture, M. Trudeau a déclaré que son gouvernement veillerait à la protection des intérêts canadiens au fil de la conclusion de l’accord. Le premier ministre a également affirmé que les libéraux respecteraient les obligations du gouvernement en vertu de l’accord, en étant interrogé sur une plus grande ouverture du marché canadien dans le secteur des produits laitiers.

«Il y a certes encore du travail à faire, mais il ne fait aucun doute que ce fut un très bon voyage pour célébrer le fait que nous allons de l’avant avec un excellent accord commercial qui complète l’accès du Canada à près des deux tiers de l’économie mondiale dans le cadre d’accords de libre-échange», a-t-il déclaré.

Le premier ministre a par ailleurs organisé une table ronde avec des dirigeants du Forum des Îles du Pacifique, où il a réaffirmé l’engagement du Canada à aider ces pays à lutter contre les changements climatiques. Il a également annoncé un nouveau financement de 20 millions de dollars pour augmenter l’assistance technique et le renforcement des capacités dans les petits États insulaires en développement. Ce montant aidera notamment dans les domaines de la gestion financière publique, de la capacité de supervision du secteur financier et de la promotion de la croissance inclusive.

Le premier ministre a également annoncé une contribution de 10 millions de dollars à l’appui de l’Initiative conjointe du Pacifique sur la biodiversité, les changements climatiques et la résilience.