L'accusé s’était introduit dans au moins un bâtiment de ferme de Marieville pour avoir des relations sexuelles avec des vaches.
L'accusé s’était introduit dans au moins un bâtiment de ferme de Marieville pour avoir des relations sexuelles avec des vaches.

Sentence suspendue pour un amoureux des vaches

Le tribunal a opté pour une sentence suspendue au dossier d’un homme accusé de s’être introduit dans une ferme de Marieville, en Montérégie, pour avoir des relations sexuelles avec des vaches.

Afin que Gérard Denis, 55 ans, comprenne la gravité de ses gestes, la juge de la Cour du Québec Ann-Mary Beauchemin, siégeant au palais de justice de Saint-Hyacinthe vendredi, lui a tout de même imposé une peine de 150 heures de travaux communautaires assortie d’une probation de trois ans.

Durant cette période, il lui sera interdit de consommer des drogues et de posséder des animaux. Il devra aussi suivre toute thérapie indiquée par son agent de probation pour s’attaquer à ses problèmes de drogue et de zoophilie. Il a plaidé coupable, vendredi, à des accusations d’introduction par effraction et de bestialité.

M. Denis s’était introduit dans un bâtiment de ferme du chemin du Pin-rouge, le 7 juillet 2019, équipé de canettes de crème à raser faisant office de lubrifiant.

Après avoir inséré son bras dans le vagin de cinq vaches couchées, il en a pénétré deux avec son sexe. Son manège a été capté par des caméras de surveillance. Le propriétaire de la ferme avait alors qualifié la vidéo de «choquant et dégradant».

L’homme a été arrêté deux semaines plus tard par la SQ de Rouville alors qu’il circulait à vélo en arborant un tatouage visible sur les enregistrements. Au moment de son arrestation, M. Denis avait vraisemblablement récidivé puisque ses vêtements et son corps étaient recouverts d’excréments de vache et de paille séchée.

Gérard Denis devra suivre toute thérapie indiquée par son agent de probation pour s’attaquer à ses problèmes de drogue et de zoophilie.

Isolé

Interrogé par les policiers, il a d’abord nié avant de reconnaître les gestes reprochés. À la question «pourquoi?», il a précisé avoir eu une enfance difficile marquée par une grande affectation pour une taure, une jeune vache qu’il traitait comme un animal de compagnie et avec laquelle il a également eu une relation sexuelle.

Il se sent aussi très isolé, ne travaille pas et a peu de contacts avec ses trois enfants. Il n’a pas de conjointe et se dit incapable d’en dénicher une.

«Tout ça a pu le mener à cet événement-là, a indiqué Me Claudie Gilbert, du bureau de la Couronne à Saint-Hyacinthe. C’est quelqu’un qui, visiblement, vit une grande solitude, qui est totalement isolé.»

Une analyse sexologique a démontré un «intérêt zoophile manifeste, bien que non exclusif». M. Denis, qui a l’habitude de se promener seul à vélo la nuit pour ramasser des canettes vides, montre également du doigt sa consommation d’amphétamines de l’époque, une drogue qu’il dit ne plus prendre.

La juge Beauchemin a demandé si les événements avaient eu quelconque répercussion sur les vaches. Me Gilbert a répondu par la négative, expliquant que «lors des inséminations, on rentre le bras au complet dans la vache et c’est à peine si elle tourne la tête».

«Si vous négligez votre suivi, vous aurez d’autres conséquences judiciaires», a averti la juge Beauchemin avant de clore ce dossier. M. Denis, qui était représenté par Me Catherine Perreault, ne peut non plus approcher la ferme où il a été filmé.

«Ça peut sembler farfelu, mais c’est une triste histoire», a dit Me Gilbert à sa sortie de la salle d’audience.