En mêlée de presse, le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, a estimé que le niveau d’endettement de Bombardier était rendu si élevé que la situation actuelle ne pouvait plus durer.
En mêlée de presse, le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, a estimé que le niveau d’endettement de Bombardier était rendu si élevé que la situation actuelle ne pouvait plus durer.

Selon Pierre Fitzgibbon, Bombardier doit se délester pour survivre

Bombardier doit se délester pour survivre, a commenté le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, mardi.

En mêlée de presse, le ministre a estimé que le niveau d’endettement de Bombardier était rendu si élevé que la situation actuelle ne pouvait plus durer.

Le géant de l’aéronautique québécois pourrait donc devoir se départir d’une de ses deux grandes entités : sa division Transport, spécialisée dans le matériel ferroviaire, ou celle des avions d’affaires.

Le surendettement, c’est «l’enjeu principal» du constructeur québécois, a-t-il dit, rappelant que la dette à long terme de Bombardier dépassait désormais les 9 milliards $US (12 milliards $).

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«Est-ce que Bombardier peut survivre avec les trois business comme il a aujourd’hui? La réponse, c’est non», selon lui.

Il a fait ces commentaires alors que des rumeurs persistantes laissent croire que la direction de Bombardier cherche effectivement à se départir de l’une ou l’autre de ses deux grandes divisions, afin d’alléger son fardeau financier.

Le ministre Fitzgibbon s’est interrogé à savoir si, dans le contexte actuel, la division ferroviaire et la division des avions d’affaires pouvaient toujours «cohabiter» au sein de l’entreprise. Sa réponse : «Ça va être difficile.»

Si l’entreprise cédait sa division des avions d’affaires, qui procure de nombreux emplois à Montréal, Bombardier se retirerait du même coup du secteur aéronautique. L’impact ne serait pas négligeable.

Mardi, le quotidien américain Wall Street Journal affirmait que le géant américain Textron pourrait se montrer intéressé à acquérir la division des avions d’affaires de Bombardier. On entend aussi que l’entreprise aurait eu des discussions avec Alstom pour lui céder sa division ferroviaire, un secteur «stratégique», selon le ministre Fitzgibbon.

La troisième division de l’entreprise, dans laquelle le gouvernement a injecté 1,3 milliard $, celle des appareils A220, autrefois les C Series, a été en bonne partie acquise par l’européenne Airbus, en 2017.

N’étant plus en mesure de respecter ses obligations, Bombardier devrait maintenant s’en départir complètement, selon Québec.

Bombardier compte environ 13 000 emplois dans l’aéronautique, contre 1000 dans les trains.

À ce jour, Bombardier n’a déposé aucune demande formelle de financement public supplémentaire, a confirmé le ministre mardi.