Après 15 ans à faire des entrées et des sorties en politique, avec l’ADQ et le PLQ, Sébastien Proulx dit avoir envie de passer à autre chose. Il deviendra directeur des affaires institutionnelles chez Desjardins

Sébastien Proulx quitte la vie politique

Onze mois après avoir été réélu député de Jean-Talon, Sébastien Proulx démissionne. Le seul député que comptait le Parti libéral du Québec (PLQ) à l’est de Montréal dit vouloir penser à lui et à sa famille d’abord.

Celui qui a été stratège, député et ministre a été sollicité pour devenir le prochain chef du PLQ ce printemps. Une opportunité qu’il a fini par décliner. «C’était pas mon tour, c’était pas mon temps, c’était pas de moi que le Québec avait besoin maintenant», croit-il.

Après 15 ans à faire «des entrées et des sorties dans la vie politique», M. Proulx avait envie de passer à autre chose. Il a accepté un emploi comme directeur des affaires institutionnelles chez Desjardins. 

«J’ai donné beaucoup, beaucoup, beaucoup pour les autres, j’ai beaucoup pensé en fonction des autres […] J’ai décidé de me choisir aujourd’hui, et de choisir ma famille», a expliqué le père de deux enfants. 

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Comme ministre de l’Éducation, M. Proulx a bâti la Politique de la réussite éducative et a démarré plusieurs chantiers, qu’il n’a pu mener à terme, son parti ayant été chassé du pouvoir. Il a couché sa vision de l’éducation dans le livre «Un Québec libre est un Québec qui sait lire et écrire», publié en 2018. 

Comme ministre responsable de la Capitale-Nationale, M. Proulx a également travaillé à attacher le financement du réseau de transport structurant de Québec.

Avant de perdre la passion

Sébastien Proulx ne souhaitait pas attendre la fin de son mandat, en 2022, pour partir. «J’aurais baissé le niveau de service et de passion et je dirais d’énergie à faire ce que je dois faire.» Il dit partir en bons termes avec le parti et avoir l’intention de continuer à militer.

Le politicien de 44 ans ne quitte pas l’Assemblée nationale avec une indemnité de départ en poche, car celles-ci ont été abolies. Son départ provoquera toutefois une élection partielle à Québec, qui coûtera environ 600 000 $ au gouvernement. 


« J’ai un handicap. Je n’habite pas Québec »
Sébastien Proulx, sur l'opportunité de briguer un jour la mairie de Québec

Après l’ex-chef Philippe Couillard, ce départ est le deuxième que doit encaisser le PLQ depuis l’élection du 1er octobre. Le chef intérimaire Pierre Arcand parle d’une lourde perte pour le parti. Mais il compte se relever les manches. «Je laisserai pas aller le comté de Jean-Talon. On va se battre», promet-il. 

Mairie de Québec?

M. Proulx ne ferme pas la porte à un retour en politique un jour, mais pas tout de suite. «Je suis comme tous les autres qui y ont goûté. On ne sait jamais ce qui peut se passer», dit-il. 

Pressenti comme futur candidat à la mairie de Québec, M. Proulx reste évasif. 

«J’ai un handicap. Je n’habite pas Québec», répond-il. Celui qui vit à Saint-Augustin-de-Desmaures précise qu’il ne quitte pas ses fonctions «en attendant quelque chose».

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LA CARRIÈRE POLITIQUE DE SÉBASTIEN PROULX EN BREF

  • 2004: Dirige l’Action démocratique du Québec (ADQ) et devient conseiller du chef Mario Dumont
  • 2007: Élu député de Trois-Rivières pour l’ADQ
  • 2014: Devient conseiller du premier ministre libéral Philippe Couillard
  • 2015: Élu député de Jean-Talon avec le Parti libéral du Québec
  • 2016: Nommé ministre de l’Éducation, puis ministre responsable de la Capitale-Nationale