Sylvain Gaudreault croit que l’État doit jouer son rôle pour réduire les écarts de richesse et les inégalités sociales.
Sylvain Gaudreault croit que l’État doit jouer son rôle pour réduire les écarts de richesse et les inégalités sociales.

Salaires des chefs d'entreprise: l’État doit jouer son rôle, estime Sylvain Gaudreault

Nous devons «continuer de croire au rôle de l’État» pour éviter que les écarts de richesse entre les chefs d’entreprise les mieux payés et les travailleurs continuent d’augmenter, pense le député de Jonquière, Sylvain Gaudreault.

Celui qui est aussi candidat à la direction du Parti québécois (PQ) réagissait vendredi à la publication d’un rapport du Centre canadien des politiques alternatives (CCPA). On pouvait y lire que le chef de la direction moyen d’une entreprise inscrite en bourse avait déjà gagné le salaire annuel d’un travailleur canadien de la classe moyenne, et ce, en à peine quelques heures.

Selon les calculs du CCPA, le salaire des chefs d’entreprise était 227 fois supérieur à celui du travailleur moyen l’an dernier. L’organisme conclut que les écarts de richesse s’accroissent année après année. Le moment auquel les patrons des grandes entreprises empochent le salaire annuel des employés est de plus en plus hâtif, soit 10h09 le 2 janvier en 2020.

«On le voit avec ces données. La théorie de la main magique qui redistribue la richesse vers les travailleurs ne fonctionne tout simplement pas», affirme Sylvain Gaudreault. Il pense que les gouvernements peuvent jouer sur deux tableaux pour réduire ces écarts de richesse.

«Il faut intervenir par la fiscalité. On pourrait revoir les niveaux d’imposition, agir sur les paradis fiscaux exiger davantage des entreprises qui reçoivent des subventions et des avantages de la part de l’État», lance d’abord le député.

Le deuxième tableau est la souveraineté. «C’est l’élément le plus fondamental pour arriver à réduire les écarts de richesse. Nous devons avoir tous les leviers pour contrôler les paradis fiscaux, et ça s’appelle l’indépendance.»

Contrat social

Sylvain Gaudreault donne l’exemple de Rio Tinto, dont les investissements au Saguenay-Lac-Saint-Jean se font toujours attendre. Cette entreprise illustre le problème, selon lui.

«Il faut que les entreprises investissent et ne pensent pas seulement à donner des dividendes à leurs actionnaires. Il y a une dérive quand elles ne font qu’augmenter leur patrimoine et ne remplissent pas leur part du contrat social qu’elles ont signé. Ce n’est pas en réduisant le rôle de l’État qu’on va y arriver», indique Sylvain Gaudreault.

Course du PQ

Au retour de la période des Fêtes, M. Gaudreault compte faire des propositions plus concrètes sur le sujet. Il partira en tournée à travers le Québec et commencera à dévoiler ses engagements pour remporter la course à la chefferie du PQ.