Serena Williams a signé un succès autoritaire samedi face à l'Allemande Julia Görges en l'emportant 6-3 et 6-4.

Roland-Garros: les retrouvailles Serena-Sharapova

PARIS — Le choc attendu dès le tirage au sort aura bien lieu à Roland-Garros. Les anciennes numéro 1 mondiales Serena Williams et Maria Sharapova s’affronteront lors des huitièmes de finale, après avoir fait forte impression samedi.

Alors que Rafael Nadal a encore martyrisé le Français Richard Gasquet, que David Goffin a effacé quatre balles de match face à Gaël Monfils, Juan Martin Del Potro est, lui, monté en régime, en écartant un ancien quart de finaliste.

Serena-Sharapova: le choc des reines

Il y a encore trois ans, elles ne se seraient pas affrontées avant la finale. Mais depuis l’édition 2015, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts... Les deux anciennes numéro 1 mondiales ayant chuté au classement (Sharapova 30e, Williams 451e) pour des raisons diverses — suspension pour dopage de la Russe, grossesse pour l’Américaine —, un choc précoce n’était pas à exclure. Le tirage en a décidé ainsi. Et Serena Williams a rendu les choses possibles en signant un succès autoritaire face à l’Allemande Julia Görges (11e) 6-3, 6-4.

Plus tôt, Sharapova a réalisé un tour de force (6-2, 6-1) face à une demi-finaliste sortante, la Tchèque Karolina Pliskova (6e). Le public parisien pourra donc savourer lundi un 22e duel entre les deux championnes, le premier depuis la victoire de la cadette des soeurs Williams, 36 ans, en quarts de finale de l’Open d’Australie 2016. Au total, l’Américaine compte 19 victoires face à la Russe, pour seulement 2 défaites.

«Je pense que beaucoup d’éléments dans son jeu sont meilleurs que les miens... Les chiffres ne mentent pas», a reconnu Sharapova, dont la dernière victoire face à la star aux 23 titres majeurs remonte à... 2004.

La Russe Maria Sharapova après sa victoire face à la Tchèque Karolina Pluskova

Nadal sans pitié, Del Potro en maîtrise

16-0. Ce n’est pas un score de rugby, mais le bilan du roi de Roland-Garros face à Gasquet, l’un de ses plus grands souffre-douleur. Le Français n’a pu inscrire que sept jeux sur le Central (6-3, 6-2, 6-2) et a tout juste réussi à éviter une «bulle» dans le premier set. «J’ai très bien joué aujourd’hui. Je suis désolé pour Richard», a dit l’ogre de l’ocre, qui a amélioré son record de set concécutifs à Paris (34 désormais au lieu de 32 en 2007-2009).

L’Argentin Del Potro a lui rallié la deuxième semaine pour la première fois depuis 2012, aux dépens de l’Espagnol Albert Ramos-Viñolas, quart de finaliste en 2016, battu  7-5, 6-4, 6-1.

Il y a un an, Del Potro s’était arrêté au troisième tour. Entre 2013 et 2016, on n’avait pas vu sur la terre battue parisienne le grand Argentin (1,98 m), à la carrière largement hachée par les blessures. En 2012, il avait atteint les quarts de finale. Ce sera un duel en haute altitude au prochain tour face au géant américain John Isner (2,08 m).

Richard Gasquet et Rafael Nadal

Goffin le miraculé

Le Belge avait déjà dû combler un handicap de deux sets au premier tour face au Néerlandais Robin Haase. Cette fois-ci, il a sauvé quatre balles de match face à Monfils avec un sang-froid qui n’a pas pour autant glacé le public du court Suzanne-Lenglen, acquis à la cause du Français.

«J’ai fait un maximum d’efforts pour rester concentré et rester dans ma bulle [...]. Mais c’était dur à la fin. Il y avait une grosse ambiance», a expliqué le Liégeois, 27 ans après son succès en cinq sets (6-7 (6/8), 6-3, 4-6, 7-5, 6-3) et sur deux jours. La partie avait été suspendue en raison de la pluie vendredi soir, alors qu’il menait 3-2, 30-0 sur son service dans le troisième set.

Mais samedi, «[Monfils] est revenu au taquet» en profitant de conditions de jeu plus rapides dues à une terre plus sèche que la veille. «Il ne faisait aucune faute. À la fin, j’ai réussi à trouver mon rythme pour faire la différence», a apprécié Goffin, qui s’est ressaisi lorsqu’il était au bord du précipice, à 5-4 en sa défaveur dans le 4e set.

Il a une belle opportunité, désormais, de retrouver les quarts de finale. Son prochain adversaire, l’Italien Marco Cecchinato (72e), n’avait jamais gagné un match en Grand Chelem avant son arrivée à Paris.