Des dizaines de personnes se sont rassemblées samedi devant l’Assemblée nationale afin de dénoncer la réforme du Programme de l’expérience québécoise (PEQ).
Des dizaines de personnes se sont rassemblées samedi devant l’Assemblée nationale afin de dénoncer la réforme du Programme de l’expérience québécoise (PEQ).

Réforme du PEQ: «On nous a vendu des rêves, et là on nous les enlève»

La réforme du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) doit entrer en vigueur lundi, et les étudiants étrangers et leurs alliés espèrent qu’elle soit abandonnée. Des dizaines de personnes se sont rassemblées samedi devant l’Assemblée nationale afin de crier à l’injustice. 

Quelques centaines de personnes sont aussi sorties dans les rues de Montréal en avant-midi pour dénoncer cette réforme «injuste» annoncée le 28 mai dernier par Simon Jolin-Barrette (maintenant ministre de la Justice). 

«Ils nous font de belles promesses, et après ils changent les règles. On nous a vendu des rêves, et là on nous les enlève», résume Ibrahima Massagninni Kone, doctorant à l’Université Laval.

Le député solidaire de Jean-Lesage Sol Zanetti était parmi les manifestants, il trouve inacceptable qu’on mette des bâtons dans les rues à ces étudiants étrangers qui avaient le projet de s’intégrer dans la société québécoise.

«On ne peut pas dire “vous venez ici, voici les règles” et de changer après d’une façon qui va compromettre leurs projets d’avenir. [...] Le Québec en ce moment est en rareté de main-d’œuvre, comment est-ce que c’est logique? On trouve que cette réforme est mauvaise, elle est absurde. Il faut que la ministre de l’Immigration retourne à la table à dessin», a-t-il exprimé. 

La députée Nadine Girauld a récemment pris les commandes du ministère de l’Immigration, elle pilotera donc cette réforme lancée par son collègue. Les personnes présentes samedi espèrent d’ailleurs que le PEQ fait partie de ses priorités. 

Avec la réforme, les manifestants estiment que les étudiants internationaux se dirigeront vers l’Ontario pour travailler, ce serait moins difficile pour eux d’avancer. «C’est ce qu’il va arriver, les gens sont épuisés, la motivation baisse. Il va y avoir du décrochage chez les étudiants qui sont déjà fatigués de leur parcours... Il va y avoir une migration des étudiants vers l’Ontario. Ce n’est pas l’idée qu’on avait du Québec, de sa réputation. Mais avec la réforme, ça peut prendre jusqu’à 6 ans pour avoir sa résidence permanente ici. Partir n’est pas ce qu’on veut, c’est pour ça que l’on veut que Mme Girauld annule les règlements», soutient Aurele Fanny Deutcha Nguelieu, doctorante en relations industrielles et présidente de l’AELIÉS (Association des étudiants et des étudiantes de Laval inscrits aux études supérieures).

Aussi, la réforme du PEQ exclut les travailleurs non spécialisés, ces mêmes personnes qui ont été au front pendant la crise sanitaire. «François Legault nous a appelé ses anges gardiens pendant la crise et là il nous dit de nous en aller», a scandé un manifestant.

Si le gouvernement n’émet aucune annonce avant lundi pour modifier les changements au programme, qui représentait jusqu’ici une voie accélérée vers la résidence permanente, les manifestants assurent qu’ils reviendront et qu’ils trouveront d’autres moyens de se faire entendre.

Le rassemblement devant l’Assemblée nationale était organisé samedi par le Syndicat des travailleuses et travailleurs étudiants et postdoctoraux (STEP) de l’Université Laval ainsi que du collectif ÉTIQ (Étudiants et travailleurs internationaux du Québec).