Le président de la CSD, Claude Beaulieu

Récréations obligatoires: le ministre Roberge agit en «cow-boy»

Le président de la Commission scolaire des Draveurs (CSD), Claude Beaulieu, ne se gêne pas pour qualifier l’approche du ministre de l’Éducation Jean-François Roberge de « cow-boy » dans le dossier de l’imposition de deux récréations obligatoires d’au moins 20 minutes chacune dans les écoles primaires dès l’automne.

« À la base, le principe de faire bouger les élèves, tout le monde est en accord avec ça. Sauf qu’il faut donner l’heure juste. L’approche qu’il prend en est une de cow-boy. On décrète deux périodes de récréation, l’une le matin et l’autre l’après-midi, mais dans la législation [Régime pédagogique de l’éducation], on ne parle pas de récréation active, on parle de périodes de détente. Les élèves peuvent donc par exemple lire un livre dans la classe. C’est de la poudre aux yeux, car la population pense que les élèves vont bouger plus grâce à ce changement demandé par le ministère. Il aurait fallu qu’on parle spécifiquement de récréation active. On impose ça en faisant croire que les élèves vont être beaucoup plus actifs », lance-t-il. 

En février dernier, le ministre Roberge a annoncé que le Régime pédagogique de l’éducation préscolaire, de l’enseignement primaire et de l’enseignement secondaire serait modifié pour que, dès la prochaine rentrée, les enfants profitent d’un minimum de 20 minutes de récréation le matin et l’après-midi, principe qui n’est pas en vigueur dans plusieurs écoles de la province. Aucune durée minimale n’est exigée, selon les règles actuelles. 

Québec soutient que « les effets bénéfiques des récréations sont largement documentés et que ces périodes de détente permettent aux enfants de jouer librement à l’extérieur et d’être actifs physiquement, ce qui favorise un climat scolaire sain ainsi que la concentration en classe ». 

M. Beaulieu réitère qu’on ne peut être contre la vertu, mais que les acteurs du milieu, tels que les commissions scolaires et les enseignants, auraient dû être consultés davantage avant la prise de cette décision. 

« Toutes les commissions scolaires doivent revoir leur offre de transport, il y a plusieurs ajustements d’horaires dans les écoles. Il y a aussi toute la question des conventions collectives. Parfois, ce sont les enseignants qui doivent faire la surveillance. Et avec les changements climatiques, on veut bien faire bouger les élèves, mais si la cour est couverte de glace, on ne peut pas faire grand-chose. [...] De notre côté, à la CSD, il y a encore certaines écoles qui doivent procéder à des modifications d’ici l’automne », renchérit-il. 

Selon un sondage réalisé par la Coalition québécoise sur la problématique du poids en marge de la publication en 2017 du rapport « Virage santé à l’école, 10 ans plus tard », 18 % des écoles ne prévoient qu’une seule récréation par jour, alors que deux écoles sur cinq (39 %) n’offrent pas au moins 15 minutes de récréation deux fois par jour. Selon les répondants, 80 % de l’équipement des cours d’écoles préscolaires et primaires est « en bon ou très bon état ».