La députée de Québec solidaire Émilise Lessard-Therrien a formulé plusieurs demandes à l’Assemblée nationale dans le dossier des pesticides, mardi.

Rapport sur les pesticides: l’opposition se dit déçue

Le rapport parlementaire sur les pesticides n’est pas encore déposé que des partis d’opposition accusent déjà le gouvernement de ne pas vouloir assurer de suivi.

Le Parti libéral (PLQ) et Québec solidaire (QS) ont exprimé leur déception et soutenu que leur confiance était ébranlée.

Ils reprochent en outre aux élus du gouvernement caquiste de ne pas vouloir inscrire la maladie de Parkinson comme une maladie professionnelle touchant les agriculteurs exposés aux pesticides — à l’instar de ce qui s’est fait en France.

«C’est dramatique comme décision, surtout quand on a vu des agriculteurs, des agronomes, des travailleurs agricoles qui sont venus nous voir, qui nous ont dit à quel point ils se retrouvaient dans une situation très difficile», a commenté la députée Émilise Lessard-Therrien, de QS, au côté de sa collègue libérale Marie Montpetit, en conférence de presse mardi à l’Assemblée nationale.

Elles voulaient également que la commission parlementaire sur l’agriculture, les pêcheries et l’alimentation formule un suivi de l’état des recommandations dans un an ou 18 mois, mais les élus caquistes, qui sont majoritaires à la commission, ont voté contre.

«Nous, on souhaite continuer ce mandat-là, aller plus loin, ça a été refusé», a expliqué Mme Montpetit, en ajoutant qu’elle avait aussi demandé à ce que les ministères de l’Agriculture et de l’Environnement rencontrent la commission dans 18 mois, ce qui a aussi été refusé.

«Donc, vous comprendrez que notre confiance a été un peu ébranlée», a-t-elle poursuivi.

Refusées aussi, les propositions pour la mise sur pied d’un fonds d’indemnisation pour les travailleurs agricoles et leurs familles affectés par des maladies et cancers en lien avec l’exposition aux pesticides.

L’opposition a également essuyé un non pour la mise sur pied d’un registre d’utilisation des pesticides, qui irait plus loin que le registre actuel des ventes, et qui permettrait de savoir quel produit est utilisé où et en quelle quantité.

«Les chercheurs nous ont bien expliqué que, pour faire des corrélations entre certaines maladies et l’utilisation de pesticides, encore faut-il qu’ils sachent quels pesticides sont utilisés, mais à quel endroit ils sont utilisés», a invoqué Mme Lessard-Therrien.

Déposé mercredi

Le rapport devrait être déposé mercredi en Chambre, selon le porte-parole d’un parti. Il contiendrait plus d’une trentaine de recommandations. Quelques-unes d’entre elles ont été étayées par Radio-Canada. Entre autres, on recommanderait que la réduction de l’usage des pesticides soit une priorité du gouvernement. Également, on propose que le Québec favorise l’achat local et biologique.

Ce rapport et les audiences dont il est issu s’inscrivent dans la foulée de l’affaire Louis Robert, cet agronome lanceur d’alerte qui avait été congédié en 2019 du ministère de l’Agriculture pour avoir dénoncé l’ingérence de l’industrie dans la recherche sur les pesticides. Il a été réintégré par la suite et le gouvernement lui a présenté ses excuses.