Nicole D’Anjou Delage était au palais de justice de Québec, mard matin.

Québec: l’ex-gardienne nie avoir causé des blessures à l’enfant

L’ancienne propriétaire de garderie en milieu familial Nicole D’Anjou Delage admet être «plus rude qu’une autre », mais nie avoir brutalisé le poupon de huit mois ou aucun autre enfant.

La retraitée de 69 ans dépose sa sacoche, ornementée de plusieurs peluches miniatures. Elle s’avance ensuite pour témoigner, assise, devant la juge Marie-Claude Gilbert de la Cour du Québec qui aura à décider si elle est coupable ou non de voies de fait graves, voies de fait ayant causé des lésions corporelles et négligence criminelle.

À LIRE AUSSI : Une éducatrice accusée d'avoir causé des lésions sur un bébé de 8 mois

Nicole D’Anjou Delage a eu pendant huit ans une garderie dans le sous-sol de sa maison de la 1re Avenue à Charlesbourg. Elle était accréditée par le ministère de la Famille et affiliée au bureau coordonnateur du CPE Les Petits Mulots.

Au début décembre 2014, elle a accepté dans sa garderie une toute petite fille de huit mois, nouvellement arrivée du Burkina Faso.

Nicole D’Anjou Delage a témoigné que dès le départ, le bébé n’avait pas l’air en forme. Maussade, la petite faisait de la diarrhée et refusait de s’alimenter. Trois jours après l’arrivée du bébé, un autre enfant lui a donné un coup de manette de télé sur la tête, affirme la gardienne. « J’ai disputé l’enfant… ben, pas fort », précise Nicole D’Anjou Delage.

À deux journées distinctes, la gardienne a dû lui faire les manœuvres de réanimation parce que le poupon semblait inconscient après la sieste.

Le 16 décembre 2014, la mère du bébé arrive au moment où elle termine les manœuvres. Sur les conseils de la gardienne, la mère décide d’amener la petite à l’hôpital.

En voulant enfiler l’habit d’hiver à sa petite, la mère aurait cogné la tête du bébé sur le comptoir, affirme Nicole D’Anjou Delage.

Une pédiatre du CHUL qui a examiné l’enfant a témoigné devant la cour que les lésions observées au cerveau et à l’oeil de l’enfant ont été causées par un trauma dont l’ampleur ou la force serait comparable à un accident d’auto ou à une chute de plusieurs étages.

Le bébé de huit mois avait un traumatisme crânien et des fractures au poignet. Elle a été hospitalisée pendant quatre jours.

L’avocat de Nicole D’Anjou Delage, Me Marco Robert, répétera sa question à quelques reprises : avez-vous posé un geste quelconque qui aurait pu amener des conséquences à l’enfant?

« Je suis bien nerveuse, mais j’ai un bon contrôle de moi, assure l’accusée. Je n’ai aucunement brassé cet enfant-là ni rien fait au niveau de ses membres. »

Depuis 2009, des intervenants du CPE Les Petits Mulots avaient observé divers gestes brusques de Nicole D’Anjou Delage auprès des enfants. Elle avait reçu des avis de non-conformité, mais sa conduite n’a jamais été sanctionnée par le conseil d’administration du CPE.