La rectrice de l’Université Laval, Sophie D’Amours, le ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social, Jean-Yves Duclos, et le codirecteur de l’Institut sur le vieillissement et la participation sociale des aînés, André Tourigny

Quatre millions $ pour favoriser l’inclusion sociale des aînés

L’Université Laval a obtenu du gouvernement fédéral un financement de 4 millions $ sur cinq ans pour déployer un projet visant à favoriser l’inclusion sociale des aînés sur le territoire de la Communauté métropolitaine de Québec (CMQ).

La rectrice de l’Université Laval, Sophie D’Amours, et le codirecteur de l’Institut sur le vieillissement et la participation sociale des aînés (IVPSA), André Tourigny, n’étaient pas peu fiers mardi d’annoncer que le projet L’inclusion sociale des aînés: un enjeu collectif avait été retenu parmi les 200 propositions déposées dans le cadre du programme pancanadien Nouveaux Horizons pour les aînés, qui offre jusqu’à 60 millions $ de financement sur cinq ans pour des initiatives destinées à améliorer la qualité de vie des aînés. 

«Par ce projet-là, on va être une référence dans le monde, j’en suis certaine», prévoit Sophie D’Amours. 

Le projet de l’IVPSA priorise les aînés de 65 ans et plus qui vivent des situations d’exclusion ou qui risquent d’en vivre parce qu’ils habitent dans des secteurs défavorisés ou en milieu rural, ou qu’ils appartiennent à une minorité linguistique ou à une minorité autochtone, a-t-on expliqué en conférence de presse. 

Au moins cinq secteurs ou communautés de la CMQ (qui inclut l’agglomération de Québec, la ville de Lévis de même que les MRC de La Côte-de-Beaupré, de La Jacques-Cartier et de l’Île-d’Orléans) seront ciblés pour l’implantation d’actions ou de services visant à inclure les aînés. Ceux-ci seront développés en partenariat avec des organismes communautaires, publics ou privés, et viseront particulièrement huit domaines (santé et incapacités, emploi et revenu, logement et habitation, éducation et compétences, voisinage, mobilité et communauté, soutien et participation sociale et civique, sécurité personnelle et ressources sociales).

«De plus en plus, on a des aînés qui veulent demeurer en emploi. Il faut donc qu’ils aient la formation requise pour se maintenir à jour, par exemple. [...] Il y a aussi plusieurs aînés qui ne réclament pas le supplément de revenu minimum garanti. Il faut voir pourquoi ces demandes-là ne sont pas faites», a cité André Tourigny pour illustrer le rayon d’action du projet. 

Selon lui, des efforts doivent aussi être mis sur la «littératie» de façon à ce que les aînés aient la capacité de trouver et de comprendre l’information qui les concerne. «Ce n’est pas seulement aux aînés d’essayer de comprendre, il faut que les organismes fassent en sorte que ce qui est diffusé soit compréhensible», dit-il. 

Le projet de l’IVPSA s’intéressera également à l’environnement bâti. «On veut s’assurer que dans les communautés ciblée, l’accessibilité universelle des milieux est acquise», explique M. Tourigny, faisant notamment référence à l’accès aux commerces et aux services de proximité. 

Activités accessibles

De même, pour favoriser l’inclusion des aînés, il faut leur offrir des activités sociales auxquelles ils ont les moyens de participer, illustre encore M. Tourigny. «Si on a une gamme d’activités très restreinte, si de participer à une activité demande un coût que les personnes aînées ne peuvent se permettre de payer, elles vont automatiquement se sentir moins incluses», dit-il. 

Présent à la conférence de presse, le ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social, Jean-Yves Duclos, s’est dit d’avis que les «popotes roulantes» font partie de ces initiatives qui favorisent l’inclusion sociale des aînés. Non seulement permettent-elles d’offrir une alimentation saine aux aînés, mais elles leur assurent aussi une présence, voire de l’accompagnement vers d’autres ressources, a-t-il mentionné. 

Le ministre de la Famille a également souligné l’importance de briser la «barrière» que peut représenter Internet pour les aînés, une barrière qu’il faudrait remplacer par une «porte» sur la société, a-t-il dit.

Avec le projet de l’IVPSA, André Tourigny souhaite que la CMQ, où les aînés représentent 19,3% de la population totale, devienne «un modèle pour le vieillissement actif et en santé», dans lequel l’ensemble des milieux collaborent. 

Le projet puisera ses forces dans l’expertise de l’Institut, qui regroupe une trentaine de professeurs et une soixantaine d’étudiants provenant de sept facultés, et dont près de 80 partenaires des secteurs communautaire, public ou privé sont membres, a-t-il souligné.