La ministre régionale, Julie Boulet, félicite les deux premiers pharmaciens résidents à se prévaloir du programme en Mauricie, Florence Bilodeau-Savoie et Gabriel-Joseph Helal. — photo: Sylvain Mayer

Programme de résidence en pharmacothérapie avancée: vers une faculté décentralisée

Trois-Rivières — La Mauricie fait désormais partie des régions du Québec où l’on forme des résidents en pharmacothérapie avancée et ce programme de maîtrise, offert par l’Université Laval, compte déjà deux étudiants résidents qui œuvreront au cours des douze mois à venir dans les différents établissements de la région, sous la supervision de pharmaciens cliniciens, dans des secteurs comme l’oncologie, l’urgence, la gériatrie, la psychiatrie et la médecine générale, pour ne citer que quelques exemples.

Il appert que cette bonne nouvelle, qui pourrait faciliter le recrutement de pharmaciens en établissement dans la région, soit toutefois précurseur d’un projet encore plus important puisque l’Université Laval souhaite décentraliser la Faculté de pharmacie sur le même principe qu’on l’avait fait, il y a une dizaine d’années, avec la Faculté de médecine de l’Université de Montréal. 

La Mauricie pourrait donc obtenir, à moyen ou long terme, un campus de la Faculté de pharmacie de l’Université Laval.

La ministre régionale, Julie Boulet, propose que «les six années (de formation en pharmacie) au complet soient données ici, en région». 

Elle rappelle que la Mauricie «était en déficit d’une centaine de médecins, il y a une dizaine d’années. Aujourd’hui, on a comblé tous ces postes-là», dit-elle, grâce à cette approche.

Or la région est présentement «en déficit d’environ 25 ou 30 pharmaciens. Alors si l’on veut penser qu’un jour on veut combler ces postes, cette formation (décentralisée) serait idéale», estime-t-elle.

«On est déjà en train de travailler sur une faculté décentralisée de pharmacie de l’Université Laval au sein du CIUSSS Mauricie et Centre-du-Québec. Soyez assuré qu’on se reverra dans quelques années pour faire cette importante annonce», a déclaré Gilles Hudon, directeur des services multidisciplinaires au CIUSSS MCQ.

Si M. Hudon parle de «quelques années», c’est que le processus est complexe et long parce que «ça prend des professeurs, ça prend des locaux», fait valoir la ministre Boulet, «mais ça serait très intéressant. C’est important d’en parler aujourd’hui si l’on veut que dans 5 ans, dans 10 ans, cette solution-là puisse voir le jour», dit-elle.

«Je pense que ça va devenir un incontournable», avance la ministre avec enthousiasme.

Pour ce qui est de la décentralisation de la portion maîtrise en pharmacologie offerte par l’Université Laval en Mauricie, elle existe déjà à Rimouski, à Chicoutimi et à Sorel.

La ministre estime que si l’on veut attirer ces pharmaciens spécialisés en Mauricie, il serait préférable de leur per-
mettre de faire toute leur formation ici. 

«Si l’on veut les séduire pour de vrai, ce n’est pas quand ils auront fait quatre ans à Québec ou à Montréal. Il faudrait que pendant la totalité de leur formation, on puisse les recevoir chez nous. Alors là, tout le monde va travailler à structurer ce projet-là», dit-elle.

Jean Lefebvre, doyen de la Faculté de pharmacie de l’Université Laval, indique que la formation à la maîtrise de 60 crédits nouvellement offerte en Mauricie dure 16 mois, dont 12 mois en établissement et quatre mois à la Faculté. Elle est offerte aux pharmaciens déjà diplômés de premier cycle.

Les deux premiers pharmaciens à se prévaloir de ce programme sont Florence Bilodeau-Savoie, originaire de Nicolet et Gabriel-Joseph Helal, un Trifluvien d’adoption depuis de nombreuses années.