Déjà éliminé, le Pérou (en rouge) a bataillé ferme pour l'emporter et infliger le même sort à l'Australie.

Première victoire du Pérou depuis 1978

SOTCHI — Une victoire pour l'honneur! Le Pérou, déjà éliminé, a anéanti les dernières chances de qualification de l'Australie au Mondial-2018 et quitté en beauté sa première Coupe du monde depuis 36 ans grâce au capitaine Paolo Guerrero, passeur puis buteur dans un gain de 2-0.

Au stade olympique de Sotchi, sous une chaleur étouffante, Guerrero a d'abord adressé un centre parfait pour la volée croisée d'André Carrillo (18e), puis il a conclu lui-même d'un tir en pivot dévié par un défenseur (50e), à la grande joie de ses milliers de supporters en tribune qui ont savourer le premier gain péruvien au Mondial depuis 1978.

«Il faut féliciter les joueurs pour leurs efforts et nos très nombreux supporters qui nous ont accompagnés. Au moins, nous avons pu leur dédier cette victoire», s'est réjoui le sélectionneur du Pérou, l'Argentin Ricardo Gareca, qui a dit réfléchir à son avenir.

Ces deux premiers buts au Mondial-2018, les Péruviens les attendaient après deux défaites de 1-0. Et malgré cette élimination précoce, l'équipe andine repart la tête haute, eux qui ont coiffé les Australiens au classement du groupe C.

Pas de miracle pour Cahill

Les «Socceroos», eux, pourront regretter longtemps leur manque d'efficacité alors qu'ils gardaient de minces chances de qualification pour les huitièmes. Les voilà éliminés dès le premier tour et les critiques risquent de pleuvoir sur leur sélectionneur néerlandais Bert van Marwijk, dont c'était le dernier match avec l'Australie.

Pour la presse australienne, le technicien restera sans doute coupable d'avoir laissé sur le banc au coup d'envoi l'icône Tim Cahill, meilleur buteur de l'histoire de la sélection.

Lorsque l'illustre vétéran de 38 ans a fait son apparition à la 53e minute, l'Australie était déjà menée 2-0 après avoir dominé la première mi-temps sans avoir réussi à capitaliser sur ses chances. Et mis à part un tir contré à la 60e minute, Cahill n'a pas fait de miracle à l'heure de disputer son quatrième Mondial d'affilée.

«Nous n'avons pas eu de chance», a pesté Van Marwijk, qui se consolait en soulignant que le préalable à une qualification australienne était une défaite danoise... qui n'a pas eu lieu (0-0 contre la France). «Notre parcours n'est pas un succès, mais pas un échec non plus. Tout le monde a pu voir nos performances et notre jeu.»

Torpeur

Sous une chaleur (30 °C) et une humidité (70 %) suffocantes, le match a été longtemps sans rythme, comme plombé, et seulement rythmé de quelques approches australiennes.

Côté péruvien, l'ailier André Carrillo était l'un des rares à faire courir quelques frissons dans la torpeur des rives de la mer Noire. Et il a mis fin à une longue attente en adressant une belle volée, soit le premier but du Pérou en Coupe du monde depuis celui de Guillermo La Rosa en 1982 contre la Pologne (défaite de 5-1).

Guerrero, le capitaine qui avait failli rater ce Mondial en raison d'un contrôle positif avant d'obtenir une décision de justice favorable, a pour sa part brillé par ses appels et ses courses. Avant d'être récompensé par le second but des siens, à la 50e minute.

De quoi faire chavirer les milliers de Péruviens massés dans les gradins de l'enceinte olympique et qui, moqueurs, ont scandé «Olé» à chaque passe de leur équipe en fin de match. C'est à eux que la sélection andine souhaitait offrir ce baroud d'honneur : c'est réussi et c'est un joli souvenir.