En mai 2016, Simon-Pierre Canuel a subi une réaction allergique après avoir ingéré un tartare de saumon au bistro le Tapageur qu’il aurait commandé lui-même selon la version assermentée du serveur.

Poursuite contre le Tapageur: un règlement hors cour intervient

EXCLUSIF / Une entente hors cour est intervenue entre Simon-Pierre Canuel et le bistro le Tapageur, qui était poursuivi pour 490 000 $.

Une lettre déposée au dossier de la Cour par l’avocat du poursuivant dont La Tribune a obtenu copie soutient que : « Un avis de règlement hors cour ne tardera pas à être déposé au dossier de la Cour ».

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Simon-Pierre Canuel n'avait pas son Épi-Pen

Simon-Pierre Canuel avait déposé une poursuite civile en décembre 2016 contre le restaurant du centre-ville de Sherbrooke, les administrateurs ainsi que le serveur pour 490 000 $ pour les dommages subis à la suite d’un épisode allergique où il a passé plusieurs jours à l’hôpital en mai 2016 après s’être fait servir un tartare au saumon.

Comme il est commun lorsqu’un litige civil se règle hors cour, il n’a pas été possible d’en apprendre davantage sur les clauses de cette entente à l’amiable entre les deux parties.

Le dossier devait revenir, mercredi, devant le juge François Tôth de la Cour supérieure au palais de justice de Sherbrooke pour la gestion de l’instance.

Des experts communs en cardiologie et en psychiatrie avaient été trouvés par les parties.

Un débat s’apprêtait à se dérouler devant le tribunal parce que les demandeurs Simon-Pierre Canuel et Philippe Lavallée refusaient qu’un mandat commun soit confié à l’expert en allergologie trouvé « au motif que ses frais anticipés seraient injustifiés et exagérés et que ses compétences pourraient être discutables ».

Les défendeurs demandaient donc au juge Tôth de procéder à la nomination de l’expert en matière d’allergologie qui avait accepté le mandat.

Dans la missive transmise au nom de Me François Daigle qui représente les demandeurs, il est indiqué qu’un règlement à l’amiable était intervenu et que les conclusions de nommer un allergologue «ne sont désormais plus d’actualité».

Dans sa déclaration déposée au dossier de la Cour à l’automne 2017, Simon-Pierre Canuel mentionnait que malgré son allergie aux fruits de mer et au saumon, il n’avait pas son EpiPen sur lui lors des événements.

Simon-Pierre Canuel a fait quatre réactions allergiques par le passé pour lesquels il a été hospitalisé.

Deux versions

En mai 2016, il a subi une réaction allergique après avoir ingéré un tartare de saumon au bistro le Tapageur qu’il aurait commandé lui-même selon la version assermentée du serveur.

Si M. Canuel affirme avoir commandé un tartare de bœuf, le serveur de l’établissement jure de son côté que c’est un tartare de saumon qui lui a été commandé lors de cette soirée du 29 mai 2016.

Dans sa déclaration assermentée concernant les événements, le serveur du Tapageur affirme que Simon-Pierre Canuel et son conjoint ont pointé dans le menu quatre tapas, dont le tartare de saumon.

M. Canuel affirme dans sa déclaration faite sous serment avoir spécifié ses allergies sévères aux fruits de mer et au saumon.

Simon-Pierre Canuel jure avoir pris soin de parler de ses allergies au serveur du Tapageur, alors que ce dernier affirme avoir avisé la cuisine de cet état de fait.

Le serveur du tapageur affirme avoir mentionné l’allergie de Simon-Pierre Canuel au cuisinier.

Lorsque le serveur a amené les plats sur la table de Simon-Pierre Canuel et son conjoint, il affirme avoir présenté les plats.

Simon-Pierre Canuel a eu de petits engourdissements, puis la bouche et la gorge ont commencé à lui piquer. Il a été conduit au CHUS Hôtel-Dieu où il est resté jusqu’au 3 juin.

La déclaration assermentée de la propriétaire du Tapageur spécifie que la note «allergie aux fruits de mer» était inscrite sur la facture de Simon-Pierre Canuel et de son conjoint. La propriétaire du Tapageur y soutient que la question des allergies est la première chose qui est apprise dans la formation des serveurs.

Le directeur des poursuites criminelles et pénales avait décidé en septembre 2016 de ne pas porter d’accusation de négligence criminelle contre le serveur du restaurant le Tapageur de Sherbrooke qui était ciblé dans une enquête policière à la suite de ces événements, qui avaient été médiatisés partout sur la planète.