La pétition intitulée «Pour la protection des chats errants», lancée le 4 avril, compte maintenant plus de 500 signatures.

Pour des chats protégés par les communautés

Les militants pour la protection des chats errants profitent d’une pétition mise en ligne sur le site Web de l’Assemblée nationale afin de faire pression sur les municipalités de la province, dont la Ville de Québec. La pétition réclame que les bêtes à poil sans foyer soient reconnues comme des animaux «de la communauté», et donc protégées par celle-ci.

La pétition, intitulée «pour la protection des chats errants», a été lancée le 4 avril et comptait dimanche plus de 500 signatures. C’est le Regroupement des amis des animaux (RAA) Saint-Eustache, un organisme sans but lucratif, qui est à l’origine du texte.

La pétition réclame trois choses de l’État québécois : 

- déclarer que les chats errants soient dorénavant considérés comme les chats de la communauté;

- reconnaître que les chats de la communauté ont pleinement le droit de circuler sur le territoire des villes et municipalités, libres de toutes contraintes;

- reconnaître le droit légitime de tout citoyen de voir au bien-être des chats de la communauté en leur fournissant nourriture, eau et abri.

Le Mouvement Chats Errants (MCE), actif à Québec, a l’intention de l’appuyer et s’est réjoui de la démarche entreprise par le RAA Saint-Eustache. «Je viens de la lire en détail [la pétition] et tout ce qui est proposé va avec notre vision à nous», a indiqué Caroline Leblanc, présidente du MCE.

Ces demandes, a-t-elle ajouté, s’inscrivent dans la même philosophie que les programmes dits CSRM pour capture, stérilisation, retour et maintien, qu’elle défend depuis quelques années, tout comme le RAA Saint-Eustache. Mme Leblanc a effectué quatre interventions au conseil municipal de la Ville de Québec en 2017 pour demander aux élus de l’intégrer à la politique de gestion animalière, sans succès. 

Un CSRM consiste essentiellement à capturer les bêtes identifiées comme appartenant à une colonie de chats errants, à les stériliser, à les ramener dans leur milieu de vie initial et à laisser la communauté — sous certaines conditions — se charger de les nourrir et de leur fournir un abri (le maintien). 

La Ville de Québec refuse d’aller de l’avant. Il s’agirait pourtant, selon Mme Leblanc, du meilleur moyen de lutter contre la surpopulation féline sans avoir à euthanasier les animaux. 

Sujet populaire

Coïncidence heureuse avec l’apparition de la pétition, Mme Leblanc assistait samedi au colloque de l’Association vétérinaire québécoise de médecine de refuge, à Saint-Hyacinthe, au cours duquel un panel tout québécois portait justement sur les programmes CSRM. Quatre programmes implantés au Québec ont été présentés, lesquels ont permis de stériliser 3000 chats errants en douze mois, expliquait-on dans la programmation.

À Brossard par exemple, où un programme CSRM a été mis en place, la réglementation municipale interdit toujours de nourrir les chats errants, comme c’est le cas à Québec (RVQ-1059). Sauf qu’en vertu du programme, des citoyens bénévoles, à qui la Ville a émis un permis, sont autorisés — et ont même l’obligation — à veiller sur la colonie de chats errants qui leur est attitrée, en fournissant nourriture et abri. Seuls les chats identifiés par une marque à l’oreille peuvent être nourris ou protégés. Les autres animaux doivent d’abord passer par un processus d’identification. 

«Toutes les personnes du panel reconnaissaient les retombées positives du CSRM», a analysé Mme Leblanc. «Il y a encore des défis à relever et des améliorations à faire, mais […] le partage d’expertise et de leçons apprises […] permettront la mise en place de davantage de programmes de CSRM efficaces.» Elle espère que la Ville de Québec y jettera un coup d’œil.