Dylan Demers, 23 ans, a été épinglé à la suite d’une enquête de l’Unité d’exploitation sexuelle sur des mineurs du Service de police de la Ville de Québec.

Porno juvénile : un «influenceur» québécois aurait piégé des ados sur les réseaux sociaux

La police de Québec a arrêté une «vedette» du web de Longueuil pour production et distribution de pornographie juvénile, leurre et harcèlement.C’est un macho assumé, fagoté comme un rappeur. Depuis quelques années, Dylan Demers, 23 ans, publiait sur les réseaux sociaux des vidéos misogynes avec son ami Carlos Desjardins et semblait faire le plein d’abonnés.

En octobre, dans sa dernière vidéo sur sa page officielle Facebook, Demers présentait une «entrevue avec Carlos Desjardins en direct de la prison». Son ami avait récemment été arrêté et accusé de production et de distribution de pornographie juvénile.

«Je ne suis pas du bord à Carlos, aucunement, a dit Dylan Demers à la caméra. Pis je suis pas de l’autre bord, je n’ai aucune idée de qu’est-ce qui se passe. J’ai aucun rapport là-dedans». Cinq mois plus tard, c’est à son tour d’être arrêté.  

Le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) l’a épinglé à Longueuil, où il réside. Jeudi, il devait comparaître au palais de justice de Longueuil pour faire face à des accusations de production et distribution de pornographie juvénile, de leurre et de harcèlement. 

Le SPVQ précise que l’enquête qui a mené à son arrestation était «connexe» à celle qui a permis l’arrestation de Carlos Desjardins. 

Pour le moment, cinq victimes, toutes des adolescentes au moment des événements, auraient dénoncé Dylan Demers. Comme les premières plaintes ont été portées à Québec, c’est l’Unité d’exploitation sexuelle sur des mineurs (ESM) du SPVQ qui a commencé à enquêter sur les crimes allégués, en avril 2018. 

«Le modus operandi de Dylan Demers est celui-ci : il rencontre des jeunes filles mineures puis produit des images à caractère sexuel d’elles pour ensuite les partager, indique David Poitras, porte-parole du SPVQ. [Il] était très actif au niveau des réseaux sociaux tels que Facebook, Instagram et Snapchat». 

Dans une vidéo publiée en juillet 2018 où on peut le voir avec Carlos Desjardins, Dylan Demers porte un t-shirt sur lequel on peut lire : «send nudes» (envoyez des photos nues).

«Il utilisait la popularité qu’il avait via les réseaux sociaux pour entrer en communication avec les jeunes filles», ajoute M. Poitras.

Le SPVQ croit que Dylan Demers pourrait avoir fait d’autres victimes qui ne l’ont jamais dénoncé. 

Tout renseignement le concernant peut être transmis au SPVQ en composant le 9-1-1 pour une intervention immédiate. Pour transmettre une information qui sera traitée de façon confidentielle, vous pouvez composer le 418-641-AGIR (2447) et, pour les gens de l’extérieur de la ville de Québec, le 1-888-641-AGIR, sans frais. Le dossier en référence est le QUE-180 904-130.