L’auteur de la vidéo qui a fait le tour des réseaux sociaux raconte qu’il était sorti avant la fin du concert de Bryan Adams. Avec l’aide d’une amie, il a filmé un agent de la police de Québec qui semblait roupiller.

Policier endormi dans son autopatrouille? [VIDÉO]

La police de Québec va faire la lumière sur une vidéo virale suggérant qu’un de ses policiers dormait dans son autopatrouille alors qu’il devait faciliter la circulation à la sortie du concert de Bryan Adams au Centre Vidéotron, vendredi soir.

La vidéo a été vue plus de 36 000 fois sur Facebook. Elle montre un policier qui semble endormi dans sa voiture, gyrophares allumés, sur la rue Soumande. 

Pour l’instant, le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) ne confirme ni n’infirme que son patrouilleur roupillait. L’inspecteur André Turcotte indique que le SPVQ a vu la vidéo et va «faire la lumière» sur celle-ci. 

«Présentement, nous en sommes à faire plusieurs vérifications afin de valider s’il y a des mesures appropriées qui doivent être prises auprès de l’employé en question», dit M. Turcotte. Une rencontre avec le patrouilleur est notamment prévue pour obtenir sa version des faits. 

Lundi midi, Le Soleil s’est entretenu avec l’auteur de la vidéo du policier. L’homme, qui ne veut pas être identifié par les policiers, a préféré garder l’anonymat. Il raconte être sorti avant la fin du concert de Bryan Adams, vendredi soir, et avoir aperçu le policier lorsqu’il s’est arrêté à une lumière rouge sur la Soumande, au coin de la rue de l’Exposition, à 22h38.

Il affirme avoir été choqué qu’un policier sommeille dans sa voiture, alors qu’il était censé veiller à la sécurité des automobilistes. «Si j’avais commis un crime à côté de lui, il ne l’aurait pas vu», dit-il. 

Avec l’aide d’une femme qui l’accompagnait, il a donc filmé le policier, le temps que la lumière passe au vert. Il affirme aussi avoir klaxonné le patrouilleur pour qu’il se réveille, en vain. 

Les vérifications du SPVQ seront compliquées par le fait que la vidéo est courte (16 secondes) et que l’image du policier est sombre, note l’inspecteur Turcotte. «Ça se peut-tu qu’il faisait d’autre chose? Peut-être», dit-il. 

S’il s’avère que le patrouilleur dormait, il s’expose à des sanctions. «Mais on n’est pas rendus là encore», dit André Turcotte. 

Pénurie de sommeil

Chose certaine, les horaires rotatifs plombent le sommeil de très nombreux policiers, montre la recherche scientifique. Ceux qui sont contraints à alterner les quarts de jour, de nuit et de soir — comme la plupart des patrouilleurs du SPVQ —, perdent de nombreuses heures sur l’oreiller et n’arrivent pas à avoir un rythme de sommeil assez stable pour bien récupérer.

Selon une étude de l’Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail (IRSST) sur les horaires rotatifs chez les policiers, une «privation aiguë et chronique de sommeil s’associe au travail de nuit, surtout lorsqu’une série de quarts irréguliers apporte un sommeil peu efficace». 

Cette pénurie de sommeil a plusieurs conséquences, notent les trois chercheurs de l’Université McGill qui ont signé l’étude, publiée en 2010. Elle entraîne notamment «une diminution de la vigilance et de la performance au travail allant de pair avec un risque accru d’accidents et une baisse de productivité».

Les problèmes de sommeil touchent les policiers partout en Amérique du Nord. Une étude publiée en 2011 dans le Journal of the American Medical Association montre qu’environ 40 % des policiers canadiens et américains souffrent de troubles du sommeil, ce qui est susceptible d’affecter leur santé, leurs performances et leur sécurité, ainsi que celle de la population, soulignent les auteurs.