Plus du quart des enfants à la maternelle considérés comme vulnérables au Québec

MONTRÉAL - Plus du quart des enfants québécois à la maternelle cinq ans sont considérés comme vulnérables dans au moins un domaine, selon une enquête de l’Institut de la statistique du Québec publiée jeudi.

La deuxième édition de l’Enquête québécoise sur le développement des enfants à la maternelle s’appuie sur un questionnaire rempli par 5200 enseignants, dans 1900 écoles publiques et privées, anglophones et francophones, de la province. Les résultats touchent donc plus de 83 000 enfants qui fréquentaient la maternelle 5 ans durant l’année scolaire 2016-2017.

Le but de l’enquête était de documenter le développement des enfants dans cinq domaines: santé physique et bien-être, compétences sociales, maturité affective, habiletés de communication et connaissances générales, développement cognitif et langagier.

L’enquête a permis de constater que 27,7 pour cent des enfants de maternelle cinq ans sont considérés comme vulnérables dans au moins un des domaines de développement.

Il s’agit d’une hausse comparativement à 2012, alors qu’a eu lieu la première édition de l’enquête. Le pourcentage était alors de 25,6 pour cent.

«Un enfant vulnérable, c’est un enfant qui est plus susceptible que les autres d’éprouver des difficultés au cours de son parcours scolaire. Il pourrait avoir par exemple des difficultés à communiquer clairement ses besoins, à suivre une routine», explique Micha Simard, chargée de l’enquête.

La vulnérabilité touche par ailleurs davantage certaines catégories d’enfants. Par exemple, les garçons sont proportionnellement plus nombreux que les filles à être classés vulnérables dans au moins un domaine de développement - à 35 pour cent contre 20,2 pour cent -, tout comme ceux qui étaient âgés de moins de 5 ans et 9 mois au moment de l’enquête et ceux qui vivaient dans un milieu très défavorisé sur le plan matériel ou social.

Certaines régions présentent par ailleurs un plus grand pourcentage d’enfants de maternelle considérés comme vulnérables. C’est le cas de Montréal, l’Outaouais, Laval et les Laurentides. À l’opposé, quelques régions se distinguent avec des proportions d’enfants vulnérables plus faibles par rapport au reste du Québec: la Capitale-Nationale, la région de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, le Centre-du-Québec, Lanaudière et Chaudière-Appalaches.

Mme Simard précise toutefois qu’un indicateur de vulnérabilité à la maternelle n’est pas nécessairement un signe que l’enfant connaîtra des difficultés tout au long de son parcours scolaire.

«On sait que les enfants qui sont vulnérables à la maternelle, ce n’est pas nécessairement une fatalité. Ils ne vont pas nécessairement rester en difficulté durant tout leur parcours scolaire. Ils sont juste plus à risque d’être moins équipés ou d’avoir des performances un peu plus faibles», souligne-t-elle.

«On a eu d’autres études qui ont montré que, par exemple, (parmi) les enfants vulnérables à la maternelle, il y avait 50 pour cent d’entre eux qui réussissaient à avoir une performance égale ou supérieure à l’ensemble des autres enfants en 4e et 6e année du primaire.»