Spécialisée dans le développement et la fabrication de prothèses, d’implants dentaires et cranio-maxillo-faciaux faits sur mesure, Panthera Dental estime que son nouveau chez-soi lui permettra de quadrupler sa capacité de production.

Panthera Dental s’offre un nouveau chez-soi de 20,6 M$ [VIDÉO]

EXCLUSIF / Panthera Dental se donne les moyens de ses ambitions. L’entreprise s’offre un nouveau siège social de 20,6 millions $ dans l’Espace d’innovation Chauveau, a appris Le Soleil. Environ 150 emplois seront créés d’ici cinq ans.

La compagnie de Québec, dirigée par Gabriel Robichaud, cogitait sur ce projet de nouvelle demeure depuis maintenant plus de deux ans.

Récemment, la direction s’est entendue avec la Ville de Québec pour acquérir un lopin de terre à proximité du futur centre de distribution de La Maison Simons.

Les premières pelletées de terre pour l’établissement de 40 000 pieds carrés — près du double de la superficie des locaux actuels situés au 2035, rue du Haut-Bord — débuteront en mars.

Si tout se déroule selon les plans des dirigeants, l’ouverture est prévue pour janvier 2020.

Spécialisée dans le développement et la fabrication de prothèses, d’implants dentaires et d’implants cranio-maxillo-faciaux faits sur mesure, Panthera Dental estime que son nouveau chez-soi lui permettra de quadrupler sa capacité de production et d’accroître considérablement ses activités de recherche et de développement.

«Cet investissement assurera une production 24h sur 24, 7 jours sur 7», fait valoir le président et cofondateur de l’entreprise, M. Robichaud. Ce dernier n’en est pas à ses premiers pas dans le domaine.

Pour nous rafraîchir la mémoire, il était l’un des patrons chez BioCAD Médical (NobelProcera Innovation Centre Québec) lorsque la compagnie a été vendue pour la somme d’environ 40 millions $ en 2009 à Nobel Biocare, l’un des plus importants fabricants d’implants dentaires au monde. Ces installations ont depuis été fermées.

Des emplois à Québec

Mais revenons à nos moutons. Le nouvel édifice à la fine pointe de la technologie sera installé au 9105, rue John-Simons. Il comprendra, entre autres, un laboratoire, des bureaux, des espaces de travail collaboratifs, un stationnement pour les vélos, des douches, des bornes électriques et une terrasse extérieure.

«J’ai choisi de rester ici, car je veux créer des emplois et je souhaite créer une grande entreprise internationale à partir de Québec», note l’homme d’affaires, originaire de la capitale. «Il y a également une autre raison qui a influencé ma décision. À Québec, nous avons de la main-d’œuvre de qualité, de très bons cerveaux», poursuit-il, préférant toutefois demeurer muet, question de compétition, sur le chiffre d’affaires de la jeune pousse fondée en 2012.

On peut toutefois dire qu’aujourd’hui, Panthera Dental compte environ 3200 clients à travers le monde, dont des laboratoires dentaires et des centres hospitaliers. Et que tous ses produits sont fabriqués dans la capitale.

La compagnie brasse des affaires au Canada, aux États-Unis, en France, en Angleterre, en Irlande, en Suisse et en Australie. Environ 60 % de ses ventes sont réalisées à l’extérieur du Canada.

«Dans notre secteur d’affaires, nos compétiteurs sont des mastodontes américains ou allemands avec des chiffres d’affaires de milliards de dollars et avec des milliers d’employés. Je suis le seul Canadien dans mon domaine. C’est un défi. Ce qui nous démarque, c’est le fait que nous sommes très spécialisés dans nos produits. On fait du haut de gamme. Nous sommes un peu la petite souris qui se faufile à travers le dinosaure», dit avec humour M. Robichaud.

Comme exemple de rivale, l’entreprise de Québec doit notamment batailler contre la société Zimmer.

Panthera Dental, c’est aussi une famille de 100 cerveaux, des ingénieurs, des programmeurs, des techniciens, des dessinateurs et des développeurs Web. De ce nombre, 32 % sont des immigrants.

Et comme plusieurs autres compagnies, la direction est actuellement à la recherche de talents.

Le défi

Questionné à savoir si la pénurie de main-d’œuvre pourrait justement ralentir la croissance de l’entreprise et ses projets, M. Robichaud demeure optimiste de dénicher les perles rares. «Pour les 150 travailleurs, l’avantage, c’est que je vais rechercher différents corps de métier. Par exemple, je vais peut-être avoir 10 ingénieurs, quatre dessinateurs et 10 responsables d’usine. Mes besoins vont être très diversifiés. Je vais devoir grossir toutes mes équipes», répond-il, concédant qu’il aimerait que les gouvernements facilitent le processus pour attirer des travailleurs étrangers au Québec.

Panthera Dental a actuellement des antennes pour répondre à ses clients aux États-Unis (Californie et New Jersey) et en France (Lyon). Envrion 14 personnes travaillent dans ces bureaux. D’ailleurs, un nouveau petit devrait ouvrir en Allemagne. «On veut attaquer l’Allemagne vers 2020. On attend d’être dans nos nouveaux locaux», conclut le président.

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UNE ATTAQUE DE GRIZZLY...

Panthera a notamment travaillé sur une structure visant à rebâtir le visage d’un homme qui avait été attaqué par un grizzly.

«Si vous me demandez ce qu’on fait comme produits, c’est un peu comme faire des charpentes d’acier pour des édifices, mais dans notre domaine. On fait des structures en titane pour des dentiers faits sur implants et on travaille aussi sur des structures permettant de rebâtir des visages.»

Chaque cas traité par Panthera Dental est unique. L’entreprise se spécialise dans le sur-mesure.

Cet été , la compagnie a notamment travaillé sur une structure visant à rebâtir le visage d’un homme qui avait été attaqué par un grizzly au pays de Donald Trump. Il avait été défiguré par un coup de patte de l’animal.

Cette opération s’est réalisée en collaboration avec le Dr Jeffrey E. Rubenstein, professeur et directeur du département de prothèse maxillo-faciale à l’Université de Washington.

«Le défi s’est retrouvé dans la conception et la fabrication de la structure. Celle-ci devait recouvrir la joue gauche complète du patient, recréer son nez et soutenir une prothèse oculaire», note la direction.

«À partir de moule facial envoyé par le Dr Rubenstein, l’équipe a conçu, avec un logiciel 3D, une structure unique demandant une précision exemplaire. Elle a par la suite été fabriquée à l’usine de Panthera Dental à Québec et elle a été envoyée à M. Rubenstein», poursuit-elle.

Ce type de cas est exceptionnel», concède Gabriel Robichaud, président et cofondateur de l’entreprise. «Mais il démontre bien notre savoir-faire. Par jour, nous travaillons sur près d’une centaine de cas différents.

«Par exemple, parfois, une personne vient au monde et il lui manque la partie extérieure de son oreille. On le voit. Il y a aussi des cas de cancer au niveau du visage. Une partie doit être retirée. Le nez, une joue, la mâchoire ou à la base de l’œil», énumère le président, comme projets sur lesquels sa compagnie a collaboré. «Il y a aussi des accidents de voiture. [...] Aujourd’hui, avec la technologie, l’illusion de la prothèse est souvent parfaite», poursuit-il.

Panthera Dental travaille avec plusieurs centres hospitaliers à travers le monde, dont L’Hôtel-Dieu de Québec, l’Institute for Reconstructive Sciences in Medicine (Edmonton) et le Sunnybrook Health Sciences Centre (Toronto).

«Nous avons aujourd’hui 27 brevets et dessins industriels», conclut M. Robichaud.

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PANTHERA DENTAL

Domaine d’activités: médical, dentaire

Siège social: ville de Québec

Date de création: 2012

Employés: 100

Clients: 3200

Bureaux: Québec, États-Unis, France