À sept reprises, un élève de l’école LaRocque a été oublié par le taxi qu’il attend patiemment chaque matin devant sa résidence.

Oublié sept fois par son transport scolaire

À sept reprises, un élève de l’école LaRocque a été oublié par le taxi qu’il attend patiemment chaque matin devant sa résidence. Résultat? Plusieurs retards... et une exaspération de sa maman, Anne-Marie Gingras.

« C’est aléatoire, ça dure depuis le début de l’année, déplore-t-elle. On habite assez près de l’école LaRocque, où Nicholas va, mais comme on habite sur la rue Wellington Sud, qu’il n’y a pas de trottoir et que c’est très passant, ils offrent un service de transport. Il n’y a pas assez d’élèves pour les autobus, alors ils ont offert le service de berline. »

« Au début de l’année, le service de berline arrivait toujours en retard, continue-t-elle. Après plusieurs plaintes, l’école a changé ce service pour un service de taxi. Depuis qu’on a ce service, c’est la même chose ou c’est encore pire. Il est censé venir chercher Nicholas le matin en bas de la côte, car ils ne sont pas foutus de monter la côte jusque chez nous, ce qui est un peu aberrant. Nicholas doit attendre en bas, donc je ne le vois pas de la maison. S’il y a un problème, il doit revenir à la maison. À sept reprises, il s’est fait oublier des chauffeurs de taxi », dit celle qui a formulé deux plaintes officielles à la Comission scolaire de la Région-de-Sherbrooke.

« Il y a eu beaucoup de glace et de neige cet hiver, rappelle pour sa part Taxis de Sherbrooke. C’est la responsabilité des parents de s’assurer que le véhicule peut monter la côte et s’approcher jusqu’à la porte. On ne peut pas laisser les autres enfants dans l’auto pour monter à pied chercher les enfants. »

Lorsque son taxi ne se présente pas, Nicholas, âgé de 11 ans, peut attendre plus d’une heure devant la maison. « Lui, il est en bas à 7 h 50 et il est parfois encore là à 8 h 30, alors que l’école commence à 8 h 30. J’appelle l’école, qui appelle la compagnie de taxi et l’école me rappelle pour me dire que les taxis blâment les conditions météo. Les chauffeurs me disent qu’ils ne sont pas en retard, qu’ils viennent de recevoir l’appel. Un chauffeur l’a complètement oublié et les autres ne se sont juste jamais présentés », affirme-t-elle, ajoutant qu’elle gère maintenant les départs de Nicholas.

Mme Gingras s’insurge également que l’absence de son enfant ne soit pas signalée par l’école. « Un matin, mon conjoint a appelé l’école à 9 h afin de parler à mon fils. Ils sont revenus en me disant qu’il n’était pas en classe. Il attendait encore son taxi! Personne ne m’avait avisée que mon fils n’était pas à l’école », remarque-t-elle, choquée.

Hiver difficile

De son côté, l’entreprise Taxis de Sherbrooke demande aux parents de s’adresser à la CSRS. « Toutes les plaintes passent par la CSRS. On a un contrat avec eux, pas avec les parents. La commission scolaire nous envoie la plainte et on regarde à qui est la faute. Parfois, les parents sont mal informés lors de l’embarquement de leurs enfants. On n’a jamais eu de plainte officielle. On a parlé avec la CSRS pour quelques retards. Avec l’hiver difficile, il peut arriver qu’un taxi soit cinq ou dix minutes en retard », explique l’organisation.

« Nous, dans notre système, tout est enregistré, continue Taxis de Sherbrooke. À quelle heure il est passé, qui était le chauffeur, etc. On peut vérifier la plainte comme il le faut et donner la réponse exacte. Si on voit qu’il y a un problème, on fait les ajustements. Après toutes nos vérifications, les taxis se sont toujours présentés, mais les élèves n’étaient plus là. S’il y a un problème, il faut appeler la commission scolaire, pas blâmer les taxis. On respecte les directives de la CSRS. Comme c’est eux qui nous paient, c’est eux qui décident de l’heure qu’on va chercher les enfants. »

La CSRS, elle, n’a pas voulu commenter en entrevue. Par courriel, elle affirme qu’il peut parfois y avoir du retard dans le transport scolaire. « Pour le transport scolaire effectué avec un taxi, les courses sont attribuées chaque matin. Cette situation a été portée à notre attention quatre fois. Chaque fois, nous avons posé des gestes pour apporter des correctifs. Malgré tout, il y a eu du retard. Par conséquent, nous avons pris d’autres mesures pour corriger la situation, qui devraient être effectives jusqu’à la fin de l’année scolaire. Nous sommes en communication régulière avec les responsables du taxi pour un suivi quotidien. »

La direction de l’École LaRocque n’a pas retourné l’appel de La Tribune.