Un épaulard

Ottawa veut créer des sanctuaires pour les épaulards

VANCOUVER - Le gouvernement fédéral veut créer de nouveaux sanctuaires océaniques en Colombie-Britannique dans le cadre des 61,5 millions $ supplémentaires qu’il investit pour protéger les épaulards en voie de disparition.

Le ministre des Pêches et des Océans, Jonathan Wilkinson, a expliqué mercredi que le gouvernement voulait également créer de nouvelles zones d’habitat essentiel au large de la côte ouest de l’île de Vancouver pour les épaulards résidents du Sud.

Les zones protégées de Swiftsure dans le détroit de Juan de Fuca, entre l’île de Vancouver et l’État de Washington, et les banques Le Perouse au large de Tofino seront des zones où les orques pourront se sentir chez elles, a-t-il déclaré.

«Nous sommes en train de mener des consultations sur ces nouveaux domaines d’habitat essentiel et nous espérons pouvoir les améliorer dans les prochains mois, a-t-il dit. Nous parlons également de la création de sanctuaires d’épaulards, qui se trouvent essentiellement dans les zones d’habitat essentiel (...), ce qui signifie que nous pouvons interdire toute une gamme d’activités différentes, pas simplement la pêche, où vous pouvez réglementer l’accès interdit aux navires.»

Le gouvernement avait précédemment annoncé que 167,4 millions $ seraient dépensés pour améliorer la disponibilité des proies et réduire les perturbations pour les orques.

Les épaulards résidents du Sud ont été répertoriés comme étant en voie de disparition en 2003 et il n’en reste plus que 74 à l’état sauvage.

M. Wilkinson a ajouté que le gouvernement examinerait de plus près l’amélioration des sources de nourriture pour les orques en investissant dans une nouvelle écloserie afin d’augmenter le stock de saumon quinnat (chinook).

Bien qu’il y ait eu des appels en faveur d’une interdiction de la pêche au saumon quinnat, il a déclaré que le gouvernement «n’en est pas encore rendu là».

«Nous allons certainement examiner les besoins des épaulards résidents du Sud et essayer de trouver un équilibre entre les problèmes économiques et les problèmes environnementaux», a-t-il dit.

Plus tôt cette année, le gouvernement fédéral a fermé environ 35 pour cent des pêcheries de chinook récréatives et commerciales dans le détroit de Juan de Fuca et autour de certaines parties des îles Gulf.

Misty MacDuffee, une biologiste de la conservation à la Raincoast Conservation Foundation en Colombie-Britannique, est encouragée par le mouvement visant à identifier des sanctuaires où les animaux peuvent être protégés de la pêche et des expéditions d’observation. Elle estime toutefois que le gouvernement devait augmenter le nombre de saumons dans les sanctuaires et qu’une écloserie «n’est pas une manière prometteuse de le faire».

«Le meilleur moyen d’augmenter l’abondance du chinook est de fermer les pêcheries.»

La proposition du ministère des Pêches d’accroître la disponibilité du quinnat à l’automne dans le fleuve Fraser n’aidera pas les épaulards résidents du Sud du pays lorsqu’ils ont besoin du saumon au début du printemps et en été, a rappelé Mme MacDuffee.

«L’importance de ces saumons quinnats est un facteur clé pour les épaulards résidents du Sud, a-t-elle dit. Ce que le gouvernement fédéral propose, c’est d’améliorer le saumon quinnat qui revient à l’automne.»

En plus de la nourriture, M. Wilkinson a déclaré que le gouvernement envisageait de déplacer les voies de navigation plus loin des zones préférées des épaulards, ainsi que des solutions à long terme, telles que des navires plus silencieux pour réduire le bruit.

Un accord de conservation est en préparation avec BC Ferries pour garantir que ses navires feront un grand détour autour des orques, a-t-il déclaré.

M. Wilkinson espère que le gros des mesures sera en place d’ici le mois de mai, lorsque les orques reviendront dans la région. Mais il faudra du temps pour réduire le bruit et acheter des navires plus silencieux, a-t-il précisé.