Justin Trudeau s’est dit confiant que le projet d’expansion de Trans Mountain permettra au Canada de moins dépendre du marché américain et de se tourner vers les marchés asiatiques pour l’exportation.

Ottawa donne le feu vert à Trans Mountain

OTTAWA — Le premier ministre Justin Trudeau donne un autre feu vert au projet d’expansion de l’oléoduc Trans Mountain, tout en promettant de réinvestir les profits du projet dans la transition énergétique du Canada.

Le gouvernement fédéral estime à environ 500 millions $ les recettes fiscales additionnelles anticipées une fois le projet terminé.

M. Trudeau assure qu’il va investir cet argent ainsi que les profits générés par la possible vente de l’oléoduc dans «des projets d’énergie renouvelable qui vont alimenter nos maisons, nos entreprises et nos communautés pour des générations à venir».

Il a dit comprendre que certains peuvent être déçus de cette décision et remettre en doute ses convictions environnementales.

Mais M. Trudeau se dit confiant que le projet d’expansion de Trans Mountain permettra au Canada de moins dépendre du marché américain et de se tourner vers les marchés asiatiques pour l’exportation.

Les travaux devraient débuter pendant la période de construction en cours, mais des hauts fonctionnaires n’ont pas été en mesure de préciser à quel moment la première pelle foulera le sol.

Avant même que l’annonce soit officielle, les partis d’opposition ont vilipendé le gouvernement Trudeau. Les conservateurs doutent que le projet voie le jour, alors que les néo-démocrates, bloquistes et les verts estiment que le message environnemental du gouvernement est incohérent.

Cette décision survient neuf mois après un important revers devant la Cour d’appel fédérale. Le gouvernement fédéral avait à ce moment-là demandé à l’Office national de l’énergie de retourner faire ses devoirs.

Déception et soulagement 

La décision du gouvernement fédéral de donner le feu vert au projet d’expansion de l’oléoduc Trans Mountain, entre l’Alberta et la Colombie-Britannique a suscité le soulagement et la déception dans les deux provinces, qui ne s’entendent pas sur la viabilité du projet.

Le premier ministre de la Colombie-Britannique John Horgan a dit regretter la décision du gouvernement Trudeau, et il n’a pas fermé la porte à appuyer d’éventuelles contestations judiciaires. Le gouvernement néo-démocrate craint que le projet n’occassionne des déversements en milieu marin.

M. Horgan a rappelé que son gouvernement défendait toujours sa cause devant la Cour suprême du Canada, qui se prononcera à savoir si la province a le droit de restreindre les expéditions de pétrole sur son territoire. Le gouvernement Horgan avait été débouté devant la Cour d’appel de la province.

Contestation

Déjà, une Première Nation de la Colombie-Britannique a affirmé son intention de contester la décision du gouvernement Trudeau devant les tribunaux. La chef Leah George-Wilson, de la Première Nation Tsleil-Waututh a annoncé qu’elle fera valoir ses arguments devant la Cour d’appel fédérale.

Le grand chef Stewart Phillip, de l’Union des chefs indiens de la Colombie-Britannique, ne s’est pas dit surpris de la décision, mais il a assuré que celle-ci «insufflerait une nouvelle vie à la résistance».

En Alberta, le premier ministre Jason Kenney a salué la décision du gouvernement Trudeau, qui était attendue depuis longtemps dans sa province. Il est toutefois resté prudent, affirmant qu’il ne célébrerait pas tant que la construction de l’oléoduc ne commencera pas.

M. Kenney a aussi appelé le premier ministre Justin Trudeau à en faire davantage pour s’assurer que le pétrole canadien ait accès aux marchés internationaux.

Selon lui, le projet Trans Mountain représente un «test» pour l’avenir économique de sa province.

«À l’heure actuelle, sans accès aux marchés mondiaux de l’énergie, nous vendons à rabais l’un des plus grands atouts de notre pays», a-t-il déploré.