Le port de Matane, comme celui de Gaspé, de Rimouski et de Gros-Cacouna, sera propriété du gouvernement du Québec le 30 mars 2020. À Québec, cette annonce était attendue depuis plusieurs années.

Ottawa cède à Québec quatre ports de la Gaspésie et du Bas-Saint-Laurent

Ottawa cède à Québec quatre ports en décrépitude de la Gaspésie et du Bas-Saint-Laurent. Cette cession est accompagnée d’un chèque de 163 millions $ afin que le gouvernement provincial puisse les remettre à niveau et les gérer.

Les ports de Matane, de Gaspé, de Rimouski et de Gros-Cacouna deviendront la propriété du gouvernement du Québec le 30 mars 2020. D’ici là, des travaux majeurs seront enclenchés pour que ces ports de mer, qui arrivent à la fin de leur vie utile, puissent connaître un second souffle. Des appels d’offres seront lancés au cours des prochaines semaines.

L’annonce, faite à Matane mercredi par le premier ministre du Québec Philippe Couillard et le ministre fédéral des Transports Marc Garneau, était attendue depuis de nombreuses années. 

Le maire de Matane, Jérôme Landry, se montre soulagé. Depuis des mois, la Coalition urgence port de Matane est à l’œuvre pour dénoncer le fait que le port a perdu environ la moitié de sa capacité portante et que sa durée de vie est au maximum de cinq ans. «La tendance qu’on voit, c’est que les bateaux qui arrivent ici sont de plus en plus gros, chargent des composantes de plus en plus lourdes», alors que le port répond «de moins en moins» à leurs besoins, explique-t-il. 

Ce transfert devrait faire en sorte de répondre aux demandes des industriels de la Gaspésie et d’assurer le maintien de 750 emplois qui sont liés à l’activité du port de Matane. 

M. Couillard explique que la décision fait partie intégrante de la Stratégie maritime de son gouvernement, qui veut encourager l’utilisation du fleuve Saint-Laurent. Le premier ministre est confiant que la somme obtenue du fédéral est suffisante pour exécuter les travaux nécessaires et pour gérer les ports au cours des 25 prochaines années. Par la suite, ce sera au gouvernement du Québec de payer pour entretenir les ports. 

Le premier ministre du Québec Philippe Couillard et le ministre fédéral des Transports Marc Garneau (à gauche) étaient à Matane mercredi matin pour cette annonce.

Mauvaises surprises

L’Assemblée nationale avait adopté en février dernier une motion unanime voulant que ces ports soient remis en état par le fédéral avant d’être cédés au gouvernement du Québec. L’entente actuelle prévoit plutôt que le gouvernement du Québec sera responsable des chantiers.

Le député du Parti québécois, Harold Lebel, juge que le Parti libéral du Québec ne respecte pas la motion pour laquelle il a voté. «Ça fait des années et des années que les Québécois envoient des impôts au fédéral pour qu’il prenne soin de nos ports et là, il signe un chèque et nous dit de nous débrouiller», s’insurge-t-il. 

M. Lebel croit que l’annonce a été «bousculée par l’échéance électorale» et craint que les chantiers de réfection des ports comportent «de mauvaises surprises» pour le portefeuille des Québécois. Il aurait souhaité que le fédéral prenne la responsabilité de remettre en état ces infrastructures qu’il a négligées. 

Au départ, les négociations avec le fédéral incluaient également le port de Baie-Comeau, mais aucune entente n’est encore survenue quant à l’avenir de ce port de la Côte-Nord. 

La Fédération des chambres de commerce du Québec s’est dite satisfaite de l’entente, qui permettra à ces ports de poursuivre leurs activités, car à l’heure actuelle, leur état menace la sécurité des navires.  

Depuis 1995, le gouvernement fédéral a pour objectif de se départir de plusieurs installations portuaires. Ces quatre ports font partie des quelques installations restantes de l’inventaire de Transports Canada.