La ministre du Tourisme, des Langues officielles et de la Francophonie, Mélanie Joly

Ottawa accorde 1,9 M$ au projet d’Université de l’Ontario français

Le gouvernement fédéral vole au secours du projet d’Université de l’Ontario français (UOF) presque à la toute dernière minute en injectant une somme de 1,9 million $ qui permet de prolonger le financement de l’institution jusqu’en janvier 2020.

C’est la ministre du Tourisme, des Langues officielles et de la Francophonie, Mélanie Joly, qui en a fait l’annonce sur les réseaux sociaux en fin de soirée dimanche, en publiant la lettre qu’elle a acheminée à la ministre des Affaires francophones de l’Ontario, Caroline Mulroney.

L’équipe de travail de l’UOF peut pousser un soupir de soulagement puisque, comme on le sait, ce financement arrive 48 heures avant la date butoir du 15 janvier. Après mardi, le gouvernement provincial n’aurait plus versé un sou au projet.

En novembre dernier, lors de ce qui a été qualifié de jour noir pour la francophonie ontarienne, le gouvernement Ford avait annoncé à la fois la dissolution du Commissariat aux services en français de l’Ontario et la mise au rancart du projet de l’UOF, créant un tollé dans la province et ailleurs au pays.

Dans sa missive, la ministre Joly soutient que la fin du financement provincial aurait entraîné des pertes d’emplois et mis en péril le travail préparatoire déjà effectué pour ce projet « qui fait l’unanimité au sein de la communauté et bénéficie de soutien partout au pays », ajoutant s’inquiéter des impacts que le tout aurait eus sur la vitalité de la communauté franco-ontarienne.

La somme investie, qui sera déduite du montant total versé par le fédéral si une entente est conclue avec l'Ontario, provient du nouveau Plan d'action sur les langues officielles, lequel est doté d'une enveloppe de 2,7 milliards $ sur cinq ans.

Spécifiquement, l’argent servira au cours de l’année à faire cheminer les travaux préliminaires liés à la mise en place d’un Carrefour francophone du savoir et de l’innovation à Toronto. Celui-ci, une fois établi, hébergerait l’UOF, indique Mme Joly.

Tendant la main à son homologue provinciale, la ministre avertit cependant que la contribution d’Ottawa est « conditionnelle à ce que la province lui présente une demande de financement, et qu’elle s’engage à assumer au moins 50 % des coûts totaux ».

Spécifiant que c’est au gouvernement ontarien que revient la responsabilité de mener à bien ce projet, Mélanie Joly ajoute que dans l’éventualité où une telle entente serait ficelée, « les programmes fédéraux ont la flexibilité nécessaire pour couvrir les coûts de démarrage au cours des premières années du projet, dans la mesure où la contribution provinciale sera versée au cours des années suivantes ».

Les coûts de démarrage de l’UOF sont estimés à près de 84 millions $ sur sept ans. L’institution, qui a vu le jour sous l’ancien gouvernement de Kathleen Wynne, devait initialement accueillir sa première cohorte d’étudiants en 2020.

L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) a salué la décision sur Twitter, soulignant que cette contribution financière « permettra à l’institution de garder ses employés et de travailler sur un pan important du projet : le carrefour communautaire ».

L’organisme ajoute qu’il poursuivra son travail avec les deux paliers de gouvernement dans le but de trouver des solutions pour assurer la survie à long terme de l’UOF.