Nouvel hôpital en Outaouais: pas pour 2023, admet Lacombe

Justine Mercier
Justine Mercier
Le Droit
Le nouvel hôpital promis à l’Outaouais par la Coalition avenir Québec (CAQ) sera-t-il prêt avec un, deux, trois ans de retard? Impossible pour le ministre responsable de la région, Mathieu Lacombe, de s’avancer sur un échéancier précis. Chose certaine, il ne recevra pas ses premiers patients en 2023, comme l’avait initialement affirmé le gouvernement.

Le ministre Lacombe a indiqué en entrevue avoir été «surpris» de lire, la semaine dernière dans Le Droit, que le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais «mettait un délai» sur la réalisation de la promesse phare de la CAQ pour la région, «alors que les discussions ne sont pas terminées et que l’annonce du projet qui a été retenu n’est pas faite».

Retard

La présidente-directrice générale adjointe du CISSSO, France Dumont, avait confié au Droit que l’organisation travaille sur un plan de «transition», en considérant que la nouvelle infrastructure ne serait prête que dans dix ou 15 ans.


« Continuer de répéter que l’hôpital va être construit en 2023, je pense que ce serait une insulte à l’intelligence de tout le monde. »
Mathieu Lacombe

Le ministre responsable de l’Outaouais reconnaît toutefois que l’hôpital – qui devrait compter 170 lits – ne pourra pas être prêt pour 2023, tel qu’évoqué en campagne électorale, en 2018, lorsque la CAQ avait promis qu’il serait prêt à soigner des patients cinq ans plus tard.

«Je ne veux pas prendre les gens pour des imbéciles, a lancé M. Lacombe au Droit. Continuer de répéter que l’hôpital va être construit en 2023, je pense que ce serait une insulte à l’intelligence de tout le monde. On a promis un nouvel hôpital, ça on est ferme [là-dessus] et on ne reculera pas. […] Est-ce qu’on est à une, deux ou trois années près de se priver d’un nouvel hôpital? Je pense que les gens pourront juger du délai qu’on leur présentera lorsqu’on fera l’annonce.»

Le retard dans la concrétisation de cet engagement majeur pour la région découle entre autres de la demande faite par le gouvernement au CISSSO pour «réévaluer tous les besoins en matière de santé dans la région», affirme Mathieu Lacombe.

La COVID-19 est aussi venue jouer les trouble-fête dans le calendrier de Québec. «Je ne veux pas me cacher derrière la COVID, dans le sens où à la fin du projet, […] quand on va couper le ruban dans quelques années, on ne pourra pas dire que la COVID a eu un impact important sur le nombre d’années que ça aura pris pour construire l’hôpital, précise le ministre. Là où ça cause un délai qui est important, c’est dans l’annonce, dans la finalisation des détails pour être en mesure de l’annoncer. Là, ça a joué un rôle, parce que ça fait six mois que la priorité du réseau de la santé, c’est de gérer une pandémie mondiale.»

Scénarios

Tout en parlant strictement d’un «nouvel hôpital» dans ses entrevues, M. Lacombe a toujours précisé que le scénario retenu pourrait aussi être l’agrandissement d’un centre hospitalier existant. Parmi les scénarios soumis par le CISSSO dans son plan clinique, «le gouvernement va retenir […] celui qui va être le meilleur pour la région», assure Mathieu Lacombe, en insistant pour dire que le projet «sera à la hauteur des attentes des gens de la région».

«Il y a un travail énorme de préparation derrière ça, ajoute-t-il. On ne construira pas un bungalow, on parle de la construction d’un hôpital qui va coûter des centaines de millions de dollars, donc le travail s’est fait de façon rigoureuse et là on est en train de finaliser les détails pour pouvoir l’annoncer dans quelques semaines.»

Chambres TARP

En ce qui concerne le dossier des chambres 32 TARP (travail-accouchement-récupération-postpartum) ayant fait l’objet d’annonces en 2014 et en 2018, le ministre Lacombe refuse de dire s’il verra finalement le jour dans la nouvelle infrastructure au lieu de l’Hôpital de Gatineau. «Je vais vraiment être plate dans ma réponse, mais quand on est arrivés, on a demandé un plan clinique au CISSSO, il y a une réflexion sur l’ensemble des soins qui sont donnés dans la région qui a été faite et lorsqu’on présentera le projet de nouvel hôpital, ce sera l’occasion de répondre à ce genre de questions», a-t-il mentionné.