Neuf travailleurs étrangers atteints de la COVID-19 au Saguenay–Lac-Saint-Jean

Neuf des 21 cas de COVID-19 répertoriés au Saguenay-Lac-Saint-Jean dans les derniers jours sont des travailleurs qui proviennent de l’étranger. Sept d’entre eux sont des Guatémaltèques qui devaient travailler chez Charcuterie Fortin, à Alma. Les deux autres personnes ont été engagées dans une entreprise du secteur alimentaire qui n’a pas été précisée par le CIUSSS.

En conférence de presse virtuelle, le directeur régional de la Santé publique pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean, Donald Aubin, précise que ces neuf personnes ont été diagnostiquées à temps. Selon le processus d’immigration fédéral, les travailleurs sont mis en confinement strict pour une période de 14 jours avant de pouvoir commencer à occuper leur emploi. Ils n’ont donc pas été en contact avec les employés de la charcuterie et de l’autre entreprise en alimentation.

«Ce qu’on nous a dit, ajoute Donal Aubin, c’est que les gens auraient eu un bon confinement, que les employeurs sont des entreprises sérieuses et que les risques sont moindres. Pour le moment, aucun indice ne nous permet de croire que [la maladie] pourrait sortir des milieux de confinement.»

Il ajoute que les produits de la Charcuterie Fortin ne posent aucun risque de contamination pour ceux qui en ont consommé. «Ce sont des pratiques qui sont étanches, qui sont bien faites.»

Charcuterie Fortin a publié une déclaration sur ces travailleurs en fin d’après-midi, lundi. «Ils logent ensemble à Saint-Coeur-de-Marie durant leur quarantaine depuis leur arrivée, le 30 juin. Ils n’ont eu aucun contact avec la population et que des expositions très restreintes avec un nombre limité de personnes, dans le respect des mesures sanitaires dictées par la Santé publique.»

Les sept Guatémaltéques ne présentent pas de symptôme de la COVID-19. Ils commenceront à travailler une fois qu’ils auront reçu le feu vert de la Santé publique.

Relâchement

Malgré cela, le Dr Aubin qualifie l’augmentation des cas de COVID-19 dans la région d’«importante» et de «préoccupante». Maintenant que l’été bat son plein, que le déconfinement touche presque tous les secteurs d’activités, et qu’un certain relâchement est perceptible dans la population, les malades sont en contact avec plus de gens.

En mai, les personnes ayant la COVID-19 étaient en contact avec 3,6 personnes. En juin, le nombre de contacts était de 6,4. En juillet, bien que les calculs soient partiels, le CIUSSS estime qu’un cas positif côtoiera entre 15 et 20 personnes.

«Les risques de contamination sont plus élevés. Les enquêtes sont beaucoup plus grosses. On doit demeurer à l’affut, c’est un effet du déconfinement qui est important», indique M. Aubin.

Masque

Cette plus grande augmentation quotidienne des cas en plus d’un mois arrive le jour où le gouvernement du Québec a fait l’annonce du port obligatoire du masque dans les lieux publics fermés, à partir du 18 juillet. Une mesure qui, additionnée aux autres, peut permettre de réduire les risques de contamination, croit le directeur régional de la Santé publique.

«C’est un bon moyen pour empêcher les fameuses gouttelettes de se propager. C’est aussi un bon moyen pour penser qu’on est dans une période de pandémie. Lorsqu’on est dans un endroit public, [ça rappelle] qu’on est dans un milieu dans lequel il faut se protéger. Ça lance un message», explique Donald Aubin.

Bilan

Le bilan régional de cas positifs de COVID-19 est maintenant de 351 depuis le début de la pandémie.

Cependant, certains cas devraient être enlevés du total du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Selon la méthode de comptabilité du CIUSSS, on attribue les cas selon la région d’origine des personnes, et non pas selon l’endroit où ils sont détectés. Les neuf travailleurs étrangers devraient donc être retirés du bilan régional.

En date de lundi, 305 personnes sont rétablies de la maladie causée par le coronavirus, quatre sont présentement hospitalisées, tandis que 26 en sont décédées.

Les nouveaux cas de COVID-19 apparus au Saguenay-Lac-Saint-Jean sont majoritairement issus de la communauté et les sources de transmission demeurent inconnues. On sait cependant que certains cas sont reliés entre eux, précise le CIUSSS.