À l'époque, Maxime Patry était le conjoint de la mère du petit Thomas.
À l'époque, Maxime Patry était le conjoint de la mère du petit Thomas.

Mort de Thomas Audet: Maxime Patry libéré

Accusé d’homicide involontaire sur Thomas Audet, 22 mois, Maxime Patry a été libéré, mardi, après avoir comparu par vidéoconférence au Palais de justice d’Alma.

Accusé d’homicide involontaire sur Thomas Audet, 22 mois, Maxime Patry a été libéré, mardi, après avoir comparu par vidéoconférence au palais de justice d’Alma. 

Quatre ans après le décès du jeune enfant, le ministère public a finalement déposé les accusations contre celui qui est considéré comme le principal suspect depuis les événements. Il était le conjoint de la mère du petit Thomas.

L’accusé a comparu calmement devant le juge Pierre Simard, à partir du poste de police de la Sûreté du Québec d’Alma. Bras croisé, il n’a pas pris la parole, et il a été rapidement remis en liberté. 

Selon ce qu’il a été possible d’apprendre, le trentenaire résidant à Alma nie en bloc les accusations. Il a été rencontré par les policiers il y a de ça quatre ans et avait retenu les services d’un avocat. Mais n’ayant pas de nouvelles des enquêteurs depuis près d’un an, Maxime Patry croyait qu’il avait été blanchit. Il avait d’ailleurs repris ses activités sur les réseaux sociaux en 2019, après une longue pause.

«Je ne vous cacherai pas ce matin que c’est une surprise. Pour moi et mon client. On était passé à autre chose. Il a toujours nié les infractions, donc on pensait que l’enquête était passée à autre chose, ailleurs. On va prendre connaissance de la preuve pour comprendre pourquoi quatre ans plus tard ça ressort aujourd’hui», exprime Me Xavier Jean-Gagnon. 

«Si la preuve était solide dès le départ, il y aurait eu des accusations dès le départ. On n’attend pas quatre ans par exprès pour porter des accusations», ajoute-t-il.

Les réseaux sociaux se sont enflammés, mardi, à la divulgation de l’identité de l’accusé. Plusieurs internautes ont tenu des propos violents à son endroit, poussant la Défense à demander à la cour de tenir l’adresse de Patry secrète. 

«Ce n’est pas un procès sur la place publique qu’on veut. Il va être traité par la justice et on veut qu’il soit protégé», précise Me Jean-Gagnon. 

Les causes entourant le décès de l’enfant demeurent floues et elles ne seront que dévoilées au procès. Mais le ministère public estime posséder suffisamment de preuve pour faire condamner Patry. De nouvelles informations ont été récoltées par les enquêteurs au cours des derniers mois, possiblement des témoins, permettant aux policiers de conclure le dossier.

«Comme à chaque fois qu’il y a des accusations en droit criminel, on est convaincu hors de doute de faire la preuve de l’accusation d’homicide involontaire déposée contre Maxime Patry. C’est une enquête faite par les policiers, le dossier complet a été déposé à mon bureau il y a quelques semaines», indique Me Mélanie Paré, du ministère public, refusant de dévoiler davantage d’informations sur la preuve. 


Maxime Patry nie les infractions depuis le début de l’enquête. Il a passé la journée de mardi au poste de police de la SQ d’Alma où il a comparu par vidéoconférence. Il a été libéré en fin d’après-midi.

Malgré la gravité des gestes reprochés, la Couronne a accepté la remise en liberté sous plusieurs conditions. Patry demeurera donc en liberté pendant les procédures judiciaires qui pourraient s’étendre sur plus d’une année. Il devra notamment demeurer à la même adresse, s’abstenir de consommer de l’alcool, de la drogue et de ne pas se trouver en présence des témoins et de mineurs. Il est père d’un enfant qu’il peut tout de même rencontrer, mais sous la supervision d’une tierce personne. 

«C’est une personne qui dans les quatre dernières années, n’a pas eu de condamnation supplémentaire. Ce n’est pas une personne lourdement criminalisée. Et depuis décembre, vous le savez, le Code criminel a été amendé, et l’article 493,1 encourage fortement la libération des gens. On applique le droit criminel et les garanties offertes sont suffisantes», répond Me Paré, invitée à justifier la libération du trentenaire. 

La Couronne n’a pas été en mesure de déposer des accusations de meurtre non prémédité, car la preuve n’était pas suffisante pour démontrer une intention spécifique de tuer. 

DPJ 
Le petit Thomas, rappelons-le, est mort à l’hôpital d’Alma le 18 juin 2016 alors qu’il séjournait chez sa mère. Un mois auparavant, il avait fait l’objet d’un signalement à la DPJ après avoir subi des blessures importantes notamment une fracture du fémur et une lacération sévère de l’oreille. 

Le cas de l’enfant avait d’ailleurs fait grand bruit partout au Québec et a été ramené à l’avant-plan lors de la mort de la fillette de Granby qui a donné lieu à la mise sur pied de la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse.

Dans le cas de Thomas Audet, le logiciel SSP utilisé par la DPJ et qui analyse les dossiers à partir de questions à choix multiples, a été pointé du doigt. Il aurait entraîné le sous-classement du dossier de l’enfant dans la catégorie «sans danger immédiat». Le petit Thomas est mort 23 jours plus tard, sans avoir été vu par une travailleuse sociale.