L'ancien des Remparts, Mikaël Robidoux
L'ancien des Remparts, Mikaël Robidoux

Mikaël Robidoux: la route difficile d’un agitateur 

Tous les amateurs de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ) connaissent Mikaël Robidoux et tous ont un peu leur opinion sur l’ancien attaquant des Remparts qui est presque devenu un paria dans le circuit après avoir été suspendu neuf fois pour un total de 36 matchs en cinq saisons.

«J’étais un joueur marqué, pas juste par les arbitres, mais aussi par la ligue», raconte Robidoux, qui a fait une croix sur le hockey junior après les Fêtes pour débuter sa carrière professionnelle avec les Mariners du Maine dans la Ligue de la Côte Est, une organisation affiliée aux Rangers de New York.

De retour d’une suspension de 10 matchs, Robidoux, qui s’alignait avec les Cataractes de Shawinigan, avait posé un geste qui aurait pu lu valoir une autre suspension le 4 janvier contre l’Armada de Blainville-Boisbriand.

«C’était un coup de genou qui n’était pas vraiment volontaire, mais j’avais parlé avec [le directeur général] Martin Mondou et ça faisait un bout que je pensais monter chez les pros», explique-t-il.

Avec les hommes

«J’ai tout de suite vu le changement de calibre... il y a eu une période d’adaptation, mais quand je suis arrivé, il fallait que je me prouve, car je n’avais qu’un essai de quelques matchs. Après quatre parties, le coach m’a dit qu’il me gardait pour l’année», poursuit Robidoux à propos de son arrivée à Portland.

Robidoux a débuté sa carrière professionnelle avec les Mariners du Maine dans la Ligue de la Côte Est, une organisation affiliée aux Rangers de New York.

«C’est une ligue très forte avec des gars qui ont joué dans la Ligue américaine et la Ligue nationale. Il y a des gars qui ont 30 ans, ce sont des hommes, il n’y a plus de jeunes de 16 ans. Je me suis dit : “OK, ce n’est plus la même game pantoute”.»

Le natif de La Prairie a dû s’adapter à un jeu plus mature et plus physique même s’il était loin de détester les contacts. «Dans mes combats au niveau junior à l’âge de 20 ans, c’était parfois facile, mais là, dans la Ligue de la Côte-Est, je me suis battu trois fois et je n’ai pas gagné un seul combat», avoue-t-il bien humblement.

Agitateur un jour...

C’est pour ses qualités d’agitateur que le directeur général des Mariners, l’ancien centre de la LNH Daniel Brière, s’intéressait à Robidoux. «Il me comparaît à Tom Wilson des Capitals de Washington! Mes coachs sont satisfaits, quand ça a décollé, j’ai réussi à aider l’équipe en dérangeant l’adversaire, en leur faisant prendre des punitions, en rentrant sous la peau des autres», poursuit-il.

«Je n’ai pas eu besoin de changer mon style d’agitateur du tout, car c’est ça qui me permet de jouer pro aujourd’hui. Chez les Remparts, Philippe Boucher m’a toujours encouragé à aller dans cette voie et à peaufiner cet aspect. Patrick Roy me disait parfois de relâcher un peu, mais ce n’est pas mauvais ça non plus. Mes entraîneurs me le disent aussi : je ne peux pas toujours être à 100 milles à l’heure.»

Certaines choses ne changent pas cependant. En seulement 11 matchs avant que la Ligue de la Côte Est décide de mettre fin à la saison, Robidoux était déjà le joueur le plus puni de l’équipe, ayant reçu 80 minutes de punition en plus de se voir imposer deux suspensions de trois matchs.

Dans la LHJMQ, Robidoux a été suspendu neuf fois pour un total de 36 matchs en cinq saisons. 

«Mais ce n’est pas comme dans la LHJMQ. Dans la Ligue de la Côte Est, ça joue beaucoup plus tough et les sanctions sont beaucoup moins sévères. Je ne me sens pas comme un joueur marqué là-bas», indique celui dont la seconde suspension était pour avoir bousculé un officiel.

«J’avoue que ça ne paraît pas très bien quand je dis ça, mais c’était dans une mêlée et je n’avais pas vu qui j’avais bousculé. C’était la première fois de ma carrière que je bousculais un officiel, car j’avais malgré tout toujours agi correctement envers eux», plaide-t-il.

Une chose est certaine, les Mariners sont satisfaits de son jeu et le dg Daniel Brière lui a proposé de revenir l’an prochain avant l’arrêt forcé causé par la pandémie de coronavirus. 

«Après sept ou huit matchs, les défenseurs adverses me connaissaient et hésitaient à aller chercher la rondelle dans les coins. Les entraîneurs m’ont incité à profiter de ça.»

Il faut dire que le pilote des Mariners, Riley Armstrong, ne détestait pas lui-même le jeu rude quand il évoluait dans la Ligue américaine et même en Europe. 

«Il était un peu comme moi, il dérangeait! Après deux ou trois matchs, je revenais au banc et il avait un grand sourire. C’est un très bon entraîneur et il jouait encore dans la Ligue de la Côte-Est quand moi je commençais mon stage junior, alors il a encore cette vision.»

D’anciens Remparts

Avec les Mariners, Robidoux a aussi croisé le chemin d’autres anciens Remparts, notamment le défenseur Ryan Culkin et le gardien François Brassard. Il a aussi gardé contact avec ses anciens coéquipiers Matthew Boucher et Benjamin Gagné, qui évoluent présentement avec les Reds de l’Université du Nouveau-Brunswick.

«Ils aimeraient bien que j’aille les rejoindre là-bas l’an prochain! Ce n’est pas une option que j’écarte, mais je crois que j’ai eu la piqûre du hockey pro. J’aimerais aussi participer à un camp de la Ligue américaine», ajoute Robidoux, qui a vu sa saison prendre fin abruptement.

«Deux jours après que les autres ligues aient suspendu leurs calendriers, la nôtre annulait tout. Les équipes ne pouvaient plus payer les joueurs et leurs appartements, car elles dépendent beaucoup des revenus au guichet. C’est plate, mais c’est une bonne chose finalement avec ce qui se passe dans le monde», termine-t-il.