Le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford

Menaces de mort envers Doug Ford

TORONTO — Le premier ministre de l’Ontario a reçu des menaces de mort et le bureau de circonscription de sa ministre du Travail a été vandalisé à la suite du dépôt d’un projet de loi sur la réforme du travail, a soutenu mercredi le gouvernement progressiste-conservateur.

Le leader du gouvernement à l’Assemblée législative, Todd Smith, a déclaré que ces «tentatives d’intimidation» ne seraient pas tolérées, et il souhaite que certains groupes, qu’il a qualifiés de «radicaux», reconnaissent qu’une limite a maintenant été dépassée.

Le projet de loi sur la réforme du travail, déposé mardi après-midi, gèle notamment jusqu’en 2020 le salaire minimum à 14 $ l’heure en Ontario. Le précédent gouvernement libéral avait décrété, peu avant les élections du printemps, une hausse du salaire minimum à 15 $ pour janvier prochain.

Le bureau de circonscription de la ministre du Travail, Laurie Scott, a été vandalisé mercredi. Des fenêtres ont été fracassées et un graffiti proclamant: «Vous attaquez les travailleurs; nous ripostons. 15 $.» a été peint.

Les annonces du gouvernement de Doug Ford ont aussitôt été vivement critiquées par les organismes qui luttent contre la pauvreté, par les dirigeants syndicaux et par les partis de l’opposition.

La ministre du Travail, Laurie Scott, a déclaré que son bureau de circonscription, à Kawartha Lakes, avait été vandalisé tôt mercredi matin. Elle soutient que des fenêtres ont été fracassées et qu’on a peint sur le mur extérieur un graffiti proclamant: «Vous attaquez les travailleurs; nous ripostons. 15 $.»

La ministre souhaiterait que tous les groupes opposés à la réforme du travail - notamment les néo-démocrates et les leaders syndicaux - prennent leurs distances face aux auteurs de ces actes violents.

«Je crois aux manifestations et aux débats démocratiques et pacifiques, mais nous ne tolérerons pas le vandalisme et l’intimidation», a indiqué Mme Scott. Le premier ministre Ford a également condamné ces gestes qui «n’ont pas leur place dans notre démocratie».

La chef du Nouveau Parti démocratique, Andrea Horwath, a elle aussi estimé que ceux qui ne sont pas d’accord avec les décisions du gouvernement devraient manifester pacifiquement. «Peu importe les dommages causés par ce gouvernement, peu importe le nombre d’annonces décevantes, et même s’ils nous ramènent des années en arrière (...), rien ne justifie la violence ni les actes criminels», a-t-elle soutenu mercredi.

Le président de la Fédération du travail de l’Ontario, Chris Buckley, a déclaré lui aussi que sa centrale syndicale n’appuyait ni ne tolérait la violence contre les personnes ou les biens. «Bien que nous comprenions que la décision du gouvernement d’abroger les droits et les protections des travailleurs est profondément troublante et préoccupante pour la population de l’Ontario, nous encourageons tous les travailleurs à se joindre à la FTO et à ses partenaires communautaires pour exiger pacifiquement de meilleures conditions de travail et des salaires plus élevés pour tous les travailleurs de cette province, qu’ils soient syndiqués ou non.»

Le chef libéral par intérim, John Fraser, a aussi condamné les incidents, mais il admet comprendre la colère suscitée par le projet de loi. Il a aussi estimé que le premier ministre Ford et son gouvernement devraient donner le ton du débat. «Tout ce que je sais, c’est que lorsqu’il est ici à la période des questions, son ton est axé sur le conflit, la combativité et la partisanerie. Nous devons baisser le ton d’un cran. De quelques crans.»