Frédérick Martel

Martel devra verser 438 000 $ au policier Éric Lefebvre

Le multirécidiviste Frédérick Martel devra verser plus de 438 000 $ en dommages au policier du SPS Éric Lefebvre, pour lui avoir asséné un coup de poing violent et sournois lors d’un interrogatoire en 2006.

À cette somme, la juge Suzanne Mireault de la Cour supérieure ajoute un montant de 25 000 $ à verser à la conjointe d’Éric Lefebvre à titre de dommages non pécuniaires.

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Comme demandé lors de l’audition de cette poursuite civile, Martel ne pourra être libéré de cette dette même s’il se place un jour sur la Loi sur la faillite et l’insolvabilité.

Le policier Lefebvre a été gravement blessé d’un coup de poing du criminel récidiviste Frédérick Martel en 2006, qui lui a laissé d’importantes séquelles.

« L’atteinte illicite et le caractère intentionnel sont, ici, évidents », a déterminé la juge Mireault.

Martel, qui est détenu dans un pénitencier fédéral, ne s’était pas présenté au palais de justice de Sherbrooke lors de l’audition de la cause en avril.

La juge a noté l’absence de remords de la part de Martel depuis les événements.

« Tant par ses déclarations que par son comportement, Frédérick Martel a laissé paraître non seulement une absence totale de remords à l’endroit de sa victime, mais également sa volonté de tirer un avantage de son agression afin de se valoriser auprès de tierces parties ou de les intimider », estime la juge Mireault.

Vie chamboulée

Cet assaut du 29 août 2006 lors de l’interrogatoire de Martel au quartier général du SPS a chamboulé la vie d’Éric Lefebvre. Victime d’une déchirure du tronc cérébral, d’un traumatisme crânien et d’une entorse cervicale, Éric Lefebvre subit encore aujourd’hui les séquelles de cette agression : perte de mémoire, réactions à la lumière et au bruit, étourdissement, fatigue extrême, trouble d’humeur, absence du travail pendant deux ans, diminution du rendement intellectuel, troubles neuropsychologiques, pour nommer que celles-là. Il a gardé certaines séquelles permanentes sur le plan cognitif, des défauts d’élocution et des épisodes de migraine. Il ne peut plus travailler à temps complet.

« En somme, depuis l’agression brutale, méprisable et sournoise dont il a été victime, la qualité de vie professionnelle, familiale et conjugale d’Éric Lefebvre a été lourdement perturbée. Il en va de même de la qualité de vie de la conjointe de celui-ci », estime la juge Mireault.

La juge a aussi noté l’épisode de fraude de Martel à l’endroit d’Éric Lefebvre dans sa décision.

« En outre, son usurpation de l’identité d’Éric Lefebvre dénote non seulement son manque de contrition et de repentir, mais également son absence de scrupules à lui occasionner des dommages additionnels », indique la juge Suzanne Mireault.

Elle dénonce dans la décision la perpétration de gestes violents contre un membre du système judiciaire québécois.

« Il s’agit là d’un véritable fléau social et une société libre et démocratique, comme la nôtre, ne saurait le tolérer », conclut-elle.