Le ministère de l’Éducation du Québec a contacté les commissions scolaires cet été pour leur annoncer que les livres neufs acquis en 2016 et 2017 lors de l’implantation du nouveau programme d’Histoire du Québec et du Canada n’étaient plus bons.

Manuels d’histoire remplacés: plus que le mot «Amérindiens» à corriger

Le Conseil en éducation des Premières Nations assure que les manuels d’histoire du Québec n’ont pas été remplacés par le gouvernement au coût de 1,6 million $ seulement pour biffer le terme «Amérindiens», aujourd’hui honni.

La directrice générale, Lise Bastien, convient que son organisation a émis plusieurs recommandations après publication de la première version des nouveaux livres d’histoire de troisième et quatrième secondaires. Dans la liste figurait le retrait du terme Amérindiens, substitué par Premières Nations ou Autochtones

Mme Bastien insiste cependant sur le fait que les Premières Nations ont demandé d’autres ajustements. «Ce n’est pas vrai que la réimpression des manuels d’histoire a été faite seulement pour accommoder cette recommandation-là. […] Il y avait plusieurs modifications à apporter au manuel.»

Elle craint que les lecteurs restent avec l’impression qu’il s’agit d’un «caprice». 

La représentante des Premières Nations n’a pas épluché les livres de chacun des éditeurs pour relever tous les amendements. Elle cite cependant des exemples des éléments que son groupe voulait réviser : ajout de textes sur le mode de vie influencé par l’écologie; complément d’informations sur les Inuits; permutation d’images…

«Si on ressort les manuels avant et après l’impression, je suis pas mal certaine qu’on va retrouver pas mal plus de changements que le seul terme Premières Nations versus Amérindiens

À la dernière minute

Lise Bastien réagit à un article publié dans Le Soleil la semaine dernière. On y apprenait que le ministère de l’Éducation du Québec a contacté les commissions scolaires cet été pour leur annoncer que les livres neufs acquis en 2016 et 2017 lors de l’implantation du nouveau programme d’Histoire du Québec et du Canada n’étaient plus bons.

«Il y a eu des décisions ministérielles de dernière minute qui ont fait en sorte qu’il a fallu revoir les manuels pour des questions de terminologie», déclarait le président de la Société des professeurs d’histoire du Québec, Raymond Bédard. «C’est pour les Autochtones en particulier. Amérindiens, ce n’est plus le bon terme. C’était le terme qui a été utilisé depuis fort longtemps, mais semble-t-il que ceux qui ont représenté les Premières Nations auprès du ministère ont décidé qu’ils ne souhaitaient plus cette appellation.»


« Si on ressort les manuels avant et après l’impression, je suis pas mal certaine qu’on va retrouver pas mal plus de changements que le seul terme Premières Nations versus Amérindiens »
Lise Bastien, directrice du Conseil en éducation des Premières Nations

Le responsable des relations avec la presse du ministère, Bryan Saint-Louis, affirmait également que «les principales modifications traitent, notamment, de l’utilisation du terme Premières Nations, plutôt qu’Amérindiens». Il ajoutait néanmoins qu’il fallait également «mettre en valeur des perspectives autochtones et des éléments propres aux Inuits». Donc, que d’autres corrections ont pu être faites.

Le service à la clientèle d’un éditeur québécois disait également que les bouquins ont dû être réédités, réimprimés, puis échangés «pour le terme Premières Nations».

À l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador, on nous expliquait que le terme Amérindiens n’est plus d’usage. Il faut privilégier Premières Nations, Inuit et Métis. Et pour faire référence à l’ensemble formé par ces trois groupes, il faut utiliser Autochtones.