Les syndiqués de 17 centres de la petite enfance (CPE) de l’Outaouais ont un mandat de grève générale illimitée.

Mandat de grève générale illimitée adopté pour 17 CPE de l'Outaouais

En grève pendant quatre jours cette semaine, les employés de 17 centres de la petite enfance (CPE) de l’Outaouais ont adopté avec une forte majorité, mercredi, un mandat de grève générale illimitée à utiliser «au moment jugé opportun».

Ce sont 89 % des membres du Syndicat des travailleurs(euses) en centre de la petite enfance de l’Outaouais (STCPEO-CSN) qui se sont prononcés en faveur de ce mandat de grève au terme d’une assemblée générale qui a duré plus de deux heures, mercredi après-midi.

La présidente du syndicat, Mélanie Beauchamp, a fait savoir qu’il n’est pas encore déterminé à quel moment ce mandat pourrait être exécuté. Ce sera « au moment jugé opportun », en fonction de l’évolution des négociations à venir. Le syndicat affirme que si le mandat doit être exécuté, il avertira les parents « le plus tôt possible ».

Les deux parties doivent se rencontrer en fin de semaine, puis le 29 mars et les 5 et 6 avril. En attendant, les éducatrices retourneront travailler ce vendredi, après les quatre jours de grève entamés lundi.

« On négocie en fin de semaine, on va voir ce qu’ils nous proposent, a mentionné Mme Beauchamp. Ce n’est pas parce qu’on a un vote de grève générale illimitée qu’on va l’exercer tout de suite. […] Nous, notre but, ce n’est pas de faire la grève, c’est de négocier. »

Le mandat adopté mercredi permettra, selon Mme Beauchamp, de « mettre de la pression » sur la partie patronale pour que les syndiqués puissent « avoir une bonne convention ». « Ça lance aussi un message clair à l’employeur [que] les filles ne sont pas prêtes à accepter n’importe quoi », estime la présidente du STCPEO-CSN.

Selon Mélanie Beauchamp, il y a « quand même beaucoup de parents » qui appuient les éducatrices. Elle encourage d’ailleurs ces parents à « faire de la pression » auprès des directions des CPE concernés pour que les choses se règlent.

Les négociations locales entre le STCPEO-CSN et l’Association patronale des centres de la petite enfance syndiqués de l’Outaouais (APCPESO) achoppent entre autres sur la durée de travail, les pauses et le choix des horaires de travail.

Dans une lettre envoyée vendredi aux parents concernés, l’APCPESO qualifiait la grève de cette semaine de « malveillante et inutile ».

La partie patronale, qui affirme que « le syndicat est insensible aux effets d’une grève sur les parents », soutient que la question des horaires à la pouponnière n’est pas en litige dans la majorité des 17 CPE.

« Le motif réel de cette grève n’est donc pas lié aux conditions de travail, écrivait l’APCPESO. [...] Tout au long de nos discussions, la mauvaise foi du syndicat était manifeste et nous avons rapidement compris qu’il ne désirait aucunement trouver des terrains d’entente. Au surplus, les porte-parole syndicaux manquent d’expérience, manquent de préparation, sont craintifs et ne comprennent pas l’organisation du travail en CPE. »