Maladies cardiovasculaires: les femmes semblent perdre leur protection plus rapidement qu’on le pensait

MONTRÉAL - Les femmes semblent perdre plus rapidement qu’on ne le croyait leur protection face aux maladies cardiovasculaires, au point où leur risque finit même par être plus élevé que celui des hommes, prévient une nouvelle étude publiée mercredi par le journal médical JAMA Cardiology.

Plus précisément, ajoutent les chercheurs américains et finlandais, la pression artérielle semble augmenter plus rapidement chez les femmes que chez les hommes, cette détérioration débutant tôt pendant la vie.

On estime généralement que les femmes disposent d’un avantage de dix ou vingt ans face aux hommes au chapitre des maladies cardiovasculaires, une notion sur laquelle cette étude semble maintenant jeter un doute.

«En général, jusqu’à 30 ans, les femmes ça va assez bien, a commenté Guy Rousseau, qui est professeur titulaire au département de pharmacologie et physiologie de la faculté de médecine de l’Université de Montréal. Mais là, à partir de 30 ans, on voit que les changements sont plus rapides, il y a des effets plus rapides chez la femme à partir de 30 ans que chez l’homme.»

À cause de ces changements plus rapides, a ajouté M. Rousseau, la femme finira par rattraper l’homme, au moment de la ménopause, et même le dépasser.

«Ce n’est pas que la femme n’est pas protégée, elle est encore protégée, mais si les changements étaient à la même vitesse que l’homme, elle ne le rattraperait jamais, a-t-il dit. Mais là, elle le rattrape et même elle le dépasse.»

On savait déjà que l’écart entre les hommes et les femmes rétrécissaient au fil des ans, au point où ils finissaient essentiellement par se retrouver sur un pied d’égalité. Cette étude, qui a porté sur quelque 33 000 sujets, semble toutefois démontrer que la protection dont jouissent les femmes disparaît plus rapidement qu’on ne le pensait.

Les changements apparaissent même si tôt chez la femme qu’on devra peut-être regarder ailleurs que du côté des hormones pour les expliquer.

«On a toujours pensé que c’était à cause des hormones, mais avec cette étude-là, j’en suis de moins en moins convaincu, parce que si c’était seulement des hormones, ça ne commencerait pas à 30 ans, ce serait plus tard, probablement, alors qu’on commence à voir qu’il y a des changements dès la troisième décennie. Il y a probablement autre chose que les hormones», a expliqué M. Rousseau.

Cette étude pourrait inciter les médecins à surveiller plus étroitement les jeunes trentenaires qui passent dans leur bureau, surtout si la pression artérielle des patientes donne des signes de détérioration au fil des visites.