En 2018, 91 cas de maladie de Lyme ont été répertoriés en Estrie, comparativement à 126 l’année précédente, a indiqué la directrice de la santé publique en Estrie, Dre Mélissa Généreux.

Maladie de Lyme: baisse du nombre de cas en Estrie

La sensibilisation du public concernant la maladie de Lyme semble porter ses fruits dans la région. C’est du moins ce que laissent entrevoir les statistiques, dévoilées à Bromont mardi par la Direction de la santé publique de l’Estrie, voulant que le nombre de cas soit en décroissance pour la première fois en cinq ans.

À l’échelle provinciale, on note une légère baisse du nombre de cas de maladie de Lyme en 2018 comparativement à l’année précédente. C’est toutefois en Estrie où l’on a enregistré la plus forte diminution. Le nombre de cas répertoriés est passé durant cette période de 126 à 91. « C’est une très bonne nouvelle. Ça prouve que les efforts des dernières années sur le terrain ont valu la peine et que le message passe », a indiqué en entrevue la directrice de la santé publique en Estrie, Dre Mélissa Généreux. 

Il ne faut toutefois pas crier victoire. L’Estrie est le territoire dans tout le Québec où le taux d’incidence de la maladie, soit 18,7 par 100 000 habitants, est le plus élevé. « Je lance un message positif comme quoi on est dans la bonne lignée. En même temps, on ne doit pas se cacher que l’on demeure une région où le risque est bien présent », a mentionné Dre Généreux. 

Les réseaux locaux de services (RLS) de la Haute-Yamaska et La Pommeraie sont les deux endroits où l’on est le plus susceptible de contracter la maladie causée par la bactérie Borrelia burgdorferi. Ces deux RLS totalisent 82 cas de maladie de Lyme déclarés en Estrie en 2018.

Notons que la maladie est transmise à l’humain lorsqu’une tique à pattes noires (tique du chevreuil) le pique. Selon la santé publique, cette espèce d’insecte, dont le nom scientifique est Ixodes Scapularis, « est le principal vecteur de cette bactérie dans l’est des États-Unis et du Canada ainsi qu’au Québec. Les populations de la tique sont aujourd’hui bien établies dans le sud de la province. »

Or, l’an dernier, 9 % des Estriens ont été exposés à une piqûre de tique, révèle la plus récente enquête de santé publique, menée auprès d’environ 11 000 répondants. Cette même étude démontre que Bromont a été identifiée par le plus grand nombre de gens sondés (17) comme étant « la seule municipalité d’exposition probable ». Suivent Granby (9), Sutton (5) et Cowansville (2).

Pistes

Outre les nombreuses activités de sensibilisation à la maladie de Lyme mises en place au cours de la dernière année, plusieurs autres pistes peuvent expliquer cette diminution des cas en Estrie. « Avec une grosse vague de chaleur comme en 2018, la tique peut être moins active. Ça peut aussi augmenter son taux de mortalité », a fait valoir en point de presse la directrice de la santé publique.

Idem en ce qui concerne la fréquentation des forêts durant les canicules. Les épisodes de gel et de dégel au cours de l’hiver 2017 ont aussi pu peser dans la balance, a-t-elle ajouté.

Étude

Bromont sert actuellement de laboratoire pour une étude à grand déploiement sur la maladie de Lyme. Il s’agit en fait d’un projet pilote, dont le budget avoisine 250 000 $, mené sur deux ans par une équipe de chercheurs de l’Université de Montréal, avec à sa tête Dre Cécile Aenishaenshin. L’initiative a pour but principal de contrer l’infection à la source en immunisant les souris qui sont porteuses de la bactérie Borrelia burgdorferi. Par ailleurs, selon Dre Généreux, 25 % à 30 % des tiques peuvent transmettre la maladie à l’humain.

De son côté, Bromont a initié les démarches pour que le projet se réalise sur son territoire. De plus, la municipalité assume près de la moitié du montant global du projet. « On est très heureux. Encore une fois, Bromont a fait preuve de leadership », a indiqué le maire de Bromont, Louis Villeneuve, en point de presse. 

La MRC Brome-Missisquoi accorde environ 16 000 $ en 2019 et 31 000 $ l’année suivante.

Près de 700 stations à appâts renfermant un acaricide ont été dispersées à travers le territoire de Bromont. Les chercheurs seront sur le terrain de mai à août. Idem en 2020. Un compte-rendu final est attendu avant le 31 décembre 2020. 

« La communication avec les gens de Bromont est excellente. Les citoyens sont très réceptifs », a fait valoir la chercheuse. Plusieurs ateliers de sensibilisation sont au programme au cours des semaines à venir, a spécifié Dre Aenishaenshin. « On veut que les gens puissent reconnaître des tiques dans la nature. Il y aura aussi des conférences grand public et des groupes de discussion avec des résidents pour voir comment on vit avec la maladie de Lyme. »