Près de 3000 panneaux solaires seront installés sur le campus de l’Université de Sherbrooke, au terme de la création du tout nouveau parc solaire, un projet que porte Vincent Aimez, vice-recteur à la valorisation et aux partenariats de l’UdeS.

L'Université de Sherbrooke déploie ses capteurs

SHERBROOKE — Près de 3000 panneaux solaires seront installés sur le campus de l’Université de Sherbrooke, au terme de la création du tout nouveau parc solaire. Un grand nombre est déjà installé. Les travaux, annoncés pour la fin novembre, tirent à leur fin. Selon l’UdeS, son parc solaire serait le plus grand « dédié à la recherche appliquée au Canada ».

Le parc, d’une puissance totale de près d’un mégawatt, est appelé à devenir un lieu de référence canadienne pour valider les technologies de production et de stockage associées aux énergies renouvelables.

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La première étape des travaux doit se terminer le 30 novembre, du moins la grande majorité.

Les gens qui passent par le boulevard de l’Université pouvaient voir, depuis quelques années, un énorme traqueur solaire. Le paysage a changé de décor : de nouveaux traqueurs solaires ont été installés à l’arrière du 3IT, dans le parc Innovation-ACELP. Des travaux sont en cours pour installer d’autres appareils près du Centre culturel de l’UdeS et dans le parc Innovation-ACELP. Des panneaux solaires sont aussi installés sur le centre sportif et à d’autres endroits.

L’électricité sera en partie intégrée dans le réseau d’Hydro-Sherbrooke, explique Vincent Aimez, vice-recteur à la valorisation et aux partenariats de l’UdeS.

« Ça devrait commencer d’ici quelques semaines », note M. Aimez.

L’énergie produite par le parc solaire sera d’abord envoyée dans le réseau de l’institution. Si elle n’est pas consommée sur le campus, elle sera injectée dans le réseau d’Hydro-Sherbrooke.

« Ça nous permet de voir comment la production d’énergie par panneau solaire peut s’intégrer dans un réseau comme le nôtre », souligne Pierre Fréchet, chef de division gestion énergétique et électrométrie chez Hydro-Sherbrooke. L’énergie solaire n’est cependant pas dans les cartons pour l’organisation. « Pour nous, ce n’est pas une option encore rentable », dit-il en citant notamment le coût et la durée de vie des panneaux.

Batteries solaires

Un des projets menés en parallèle par l’institution concerne l’utilisation de batteries solaires, qui permettrait de pouvoir écouler l’énergie produite par le soleil au moment des pointes. Ce projet soulève l’intérêt d’Hydro-Sherbrooke.

L’UdeS bénéficiera d’une baisse de sa facture d’électricité sous la forme d’un crédit grâce à un accord établi avec Hydro-Sherbrooke.

Le parc met l’accent sur l’énergie solaire de deux types : photovoltaïque (pour la production d’électricité, ce qu’on retrouve majoritairement sur le site) de même que deux centrales solaires thermiques.

Avec ce type d’énergie, on capte le rayonnement du soleil pour faire de la chaleur, explique Vincent Aimez.

« Pour le solaire thermique, le premier site va être sur la centrale d’énergie de l’UdeS. Ça veut dire par exemple qu’en été, on utilise du gaz pour faire de l’eau chaude; là, quand le soleil va rentrer, on pourra non seulement faire de l’eau chaude avec le soleil, mais peut-être même réduire la consommation de gaz. » Ce deuxième site prévu dans le parc Innovation-ACELP servira au stockage. « On va avoir du stockage à haute et basse température. Avec ça, on peut faire plusieurs utilisations, dont des procédés chimiques industriels de toutes sortes. »

Des données seront recueillies à partir des 3000 panneaux solaires. « Toutes les secondes, je vais savoir quel est l’état des 3000 panneaux en permanence. Ça crée une énorme base de données qui sera très riche.

On fait un lieu qui va pouvoir exporter du savoir-faire partout sur la planète. » Par exemple, les chercheurs pourront s’intéresser au comportement des technologies dans un milieu froid... et enneigé. « Ce parc a le potentiel d’être une référence pour les climats froids, mais pas seulement, parce qu’il peut faire très chaud au Québec. »

Un des défis des énergies renouvelables est qu’elles sont instables, explique M. Aimez. Il dit espérer que la création du parc engendre plusieurs partenariats.

« On espère créer un écosystème industriel autour des énergies renouvelables. »

Le projet est estimé à quelque 5 M$ et bénéficie d’une subvention des deux paliers gouvernementaux de l’ordre de 75 %.