La ministre déléguée à l'Éducation et députée de Brome-Missisquoi, Isabelle Charest.
La ministre déléguée à l'Éducation et députée de Brome-Missisquoi, Isabelle Charest.

Loi 40: «Il fallait agir», dit Isabelle Charest

Québec n’avait pas le choix d’adopter sous bâillon la loi 40 visant à transformer les commissions scolaires, affirme la ministre déléguée à l’Éducation, Isabelle Charest.

«On se retrouvait dans une impasse», soutient la députée de Brome-Missisquoi au sujet du document adopté le 8 février. «Il y avait de l’obstruction de l’opposition. Il fallait agir. Je suis à l’aise avec ça [NB: le bâillon].»

Pour «aller de l’avant», ajoute-t-elle, mais aussi parce qu’il y avait urgence «pour organiser la prochaine année scolaire».

Les critiques ont été nombreuses, la semaine dernière, à dénoncer ce quatrième bâillon imposé par la CAQ, cette fois-ci pour une loi massive, touchant de nombreux sujets scolaires et dont plusieurs amendements ont été ajoutés à la dernière minute.

L’un d’eux concerne notamment l’obligation, pour les municipalités, de céder gratuitement un terrain à un centre de services scolaires qui en a besoin pour construire une école. Les municipalités y voit un affront et une attaque à leur autonomie.

«Ça se faisait déjà [NB: dans les plus petites villes], dit Mme Charest. On vient l’enchâsser dans une loi.»

Elle rappelle que dans les plus grandes municipalités, les terrains proposés pour la construction d’école étaient souvent de piètre qualité ou mal situés. Et si la mesure a été appliquée à toutes les villes, c’est «pour être équitable envers tout le monde».

Partage

La loi prévoit également que les nouveaux centres de services scolaires sont maintenant tenus de partager leurs infrastructures — gymnases, plateaux sportifs, etc. — avec la communauté qu’ils desservent.

Certains milieux «avaient de la difficulté» à avoir accès aux infrastructures scolaires «et pour moi c’était inacceptable», dit l’ex-athlète olympique âgée de 49 ans.

«Mon objectif est de faire bouger les gens. On a des infrastructures de qualité, il faut les mettre à contribution. Ça se fait très bien à certains endroits, pourquoi pas ailleurs? Je n’accepte pas que ça soit un conflit de personnalité. Il doit y avoir une concertation, surtout dans les petits milieux où on ne peut se permettre d’avoir un gymnase en double.»

Isabelle Charest ne s’inquiète pas de la composition des futurs conseils d’administration (CA) bénévoles qui dirigeront en 2020-2021 les centres de services scolaires. Tout comme celui des conseils d’établissement (CE) des écoles qui auront davantage de pouvoir, bien qu’ils soient peu courus. 

«Les gens sont intéressés par l’éducation, dit la ministre. Ils étaient désintéressés à cause de la structure du conseil des commissaires. On a déjà des courriels de gens qui veulent savoir comment on applique pour les CA et les CE. Il y aura plus de monde qui vont s’y intéresser et c’est souhaitable.»

Pouvoir

Finalement, il est faux de dire qu’avec cette nouvelle gouvernance le ministre de l’Éducation s’arroge davantage de pouvoir.

«En fait, c’est le contraire, dit Mme Charest. L’objectif, c’est la décentralisation et donner plus de pouvoir aux CA et aux CE.» Elle assure que tous ces changements se traduiront par davantage de services et de moyens pour les élèves. 

«On va pouvoir coller davantage les services avec les besoins d’une école.»

Le députée de Brome-Missisquoi était de passage à l’école secondaire Massey-Vanier de Cowansville, lundi matin, pour remettre des certificats de persévérance à huit élèves méritants.

«Au-delà de la réussite, l’effort, c’est ce qu’il y a de plus important», a-t-elle mentionné avant de féliciter Alexandre Boisclair, Anabelle Chiasson, Florence Labrie, Florence Langevin-Beaumont, Maya Paquette, Médhérik Pivin, Sarah St-Pierre et Ariane St-Onge.