Le député fédéral Joël Lightbound

Lightbound étonné du débat sur le port du hijab par une policière

Le député fédéral Joël Lightbound ne comprend pas que la planète politique québécoise s’enflamme sur le port du hijab par d’éventuelles policières.

«Ça m’étonne qu’on en parle encore et encore et encore. Ça fait 10 ans au Québec qu’on parle de signes religieux alors que cette question est hypothétique. Il n’y a jamais eu de demande faite au Québec à ce sujet. Il n’y a pas d’enjeux plus important dont on pourrait parler? Que ce soit ce qu’on va faire de nos ressources, de l’économie, de nos défis en matière de main-d’œuvre, du développement durable...» a réagi vendredi l’élu de Louis-Hébert qui agit comme secrétaire parlementaire du ministre canadien des Finances.

«De mon côté, j’ai pas de problème avec ça», a-t-il martelé, faisant remarquer que la Gendarmerie royale canadienne (GRC) compte dans ses rangs des policières musulmanes portant le hijab. 

Présent au même évènement que M. Lightbound, le député conservateur Gérard Deltell n’a pas voulu commenter ce qui relève, selon lui, de la politique municipale et provinciale. 

Jeudi, le débat sur le port du hijab par des membres des forces de l’ordre s’est poursuivi à l’Assemblée nationale, dopé par le cas d’une jeune femme voilée qui étudie en techniques policières. La Coalition avenir Québec et le Parti québécois sont formellement opposés à ce qu’une femme voilée exerce le métier de policière. Le Parti libéral du Québec a pour sa part défendu le droit de l’étudiante de réaliser son «rêve». 

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LEGAULT PRÊT À RENCONTRER L'ASPIRANTE POLICIÈRE

LA POCATIÈRE — François Legault se dit prêt à aller dire dans le blanc des yeux à une étudiante en techniques policières qu'elle ne pourra réaliser son rêve sous un gouvernement caquiste si elle continue de porter le hijab.

Il répond ainsi au premier ministre Philippe Couillard, qui l'a mis au défi, jeudi, de rencontrer la jeune Sondos Lamrhari.

L'étudiante au Collège Ahuntsic porte fièrement le hijab et rêve de faire carrière dans la police.

Or, autant la Coalition avenir Québec (CAQ) que le Parti québécois (PQ) veulent interdire le port de signes religieux chez les représentants de l'État en position d'autorité, soit les policiers, procureurs, juges, gardiens de prison, comme le préconisait le rapport de la commission Bouchard-Taylor il y a 10 ans.

En point de presse vendredi à La Pocatière, M. Legault a dit que la situation actuelle est le résultat du laisser-aller des libéraux, de leur «manque de courage et de détermination».

Si le gouvernement avait accepté le compromis proposé par la CAQ il y a un an, soit les recommandations de Bouchard-Taylor en élargissant l'interdiction aussi aux enseignants, l'étudiante aurait eu un message clair, a argué M. Legault.

Et a fortiori, «il n'y a pas une jeune fille au Québec qui penserait devenir policière au Québec en portant un hijab» si le gouvernement libéral avait tranché la question dès le départ il y a 10 ans, a-t-il poursuivi.

Le chef caquiste rencontrerait volontiers Sondos Lamrhari pour lui expliquer sa position, comme il l'a fait précédemment avec d'autres groupes.

«Absolument, je suis prêt à l'expliquer, j'ai déjà eu l'occasion de l'expliquer aussi à des enseignantes qui portent le voile. Donc, je n'ai pas de problème à leur expliquer pourquoi c'est important, non seulement de montrer une neutralité, mais d'avoir aussi une apparence de neutralité quand on est dans un poste d'autorité.»

Patrice Bergeron, La Presse canadienne