Andréanne Robert et son avocate Me Caroline Monette
Andréanne Robert et son avocate Me Caroline Monette

L’ex-enseignante Andréanne Robert plaide coupable

L’ancienne enseignante de l’école secondaire du Triolet de Sherbrooke Andréanne Robert a reconnu avoir commis divers crimes à caractère sexuel à l’endroit de cinq élèves alors qu’elle se trouvait en position d’autorité.

Des gestes pour lesquels elle devra purger une peine minimale de prison ferme d’au moins une année.

À LIRE AUSSI: Andréanne Robert reviendra en cour en 2020

L’enseignante Andréanne Robert pourrait «régler» les poursuites contre elle

Devant le juge Conrad Chapdelaine de la Cour du Québec, jeudi, la femme de 45 ans a reconnu six accusations sur des adolescents de 15 à 17 ans, soit des chefs d’exploitation sexuelle, de communication indécente et d’avoir transmis du matériel sexuellement explicite à une personne mineure en vue de faciliter une infraction à caractère sexuel.

Andréanne Robert était enseignante de sciences à l’école du Triolet lors des évènements survenus entre mai et décembre 2017. Les victimes étaient toutes mineures.

« C’est une enseignante qui était appréciée. Il y avait une proximité entre Andréanne Robert et ses élèves, mais il y a eu des débordements », explique la procureure aux poursuites criminelles, Me Marie-Line Ducharme dans le résumé de la preuve.

L’affaire a été dévoilée à la suite d’un évènement survenu en décembre 2017.

Andréanne Robert se trouvait au party de Noël des enseignants. Elle a communiqué avec un élève pour lui demander de la ramener chez elle.

En se rendant au bar où se trouvait Andréanne Robert, l’élève en question et un ami ont croisé un de leurs enseignants qui leur a demandé ce qu’ils faisaient là.

« Elle a embarqué avec les élèves. Elle était intoxiquée. Les élèves l’ont aidée à monter les marches de son duplex. Ils ont même filmé son état. Elle tenait des conversations à caractère sexuel. Elle a demandé à un élève d’avoir un rapport sexuel avec elle. Elle a même enlevé sa robe devant l’un d’eux et s’est retrouvée en sous-vêtements », explique Me Ducharme.

Cet épisode du 9 décembre a eu des échos dans l’école et une enquête a été ouverte par le Service de police de Sherbrooke.

Pour une victime, Andréanne Robert a envoyé entre dix et quinze photos d’elle nue. En retour, l’élève lui a envoyé une ou deux photos de lui en boxer.

« Elle a expliqué aux enquêteurs qu’elle avait un fort béguin pour son élève et il le savait », mentionne Me Ducharme.


« Il y a des choses qui ne sont pas tout à fait justes, mais je plaide coupable. »
Andréanne Robert

Dérapages

La procureure aux poursuites criminelles explique que l’enseignante avait beaucoup de conversations concernant les activités scolaires avec ses élèves, mais certaines conversations ont « dérapé » vers des conversations à connotations sexuelles.

« Avec deux autres élèves, elle a eu des conversations sur Snapchat. Les élèves lui ont montré comment fonctionnait le réseau social. Elle a demandé à l’un d’eux s’il coucherait avec elle », mentionne Me Ducharme.

Les yeux rougis devant le tribunal, Andréanne Robert a plaidé coupable aux accusations portées contre elle au palais de justice de Sherbrooke.

« Il y a des choses qui ne sont pas tout à fait justes, mais globalement, oui, je plaide coupable », a affirmé l’accusée devant le tribunal.

Cette dernière réside maintenant dans la région de Québec. Elle a entrepris des études dans un autre domaine que l’enseignement.

Quatre accusations qu’elle a reconnues sont passibles de peines minimales de 90 jours de prison ferme. Elle s’expose donc à un minimum de 12 mois de prison.

« Il y a eu des discussions entre moi et ma consœur pour régler tous les dossiers », explique la procureure aux poursuites criminelles.

Plusieurs accusations ont été abandonnées dans le cadre des négociations dans ce dossier entre la poursuite et l’avocate de la défense Me Caroline Monette.

« Les accusations de leurre informatique et de pornographie juvénile ont été abandonnées par la poursuite. Ma cliente a reconnu des crimes d’une gravité objective moindre en fonction des faits qu’elle a admis », explique Me Monette.

Un rapport présentenciel avec un volet sexologique a été ordonné par le tribunal.

Me Ducharme a mentionné que les victimes ne désiraient pas nécessairement témoigner.

Les observations sur la peine se dérouleront le 4 mai.

Réaction de la CSRS

Par voie de communiqué, la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS) a rappelé que l’enseignante avait été suspendue sans solde de ses fonctions dès le dépôt des accusations.

« La direction générale de la CSRS s’engage maintenant vers une démarche de congédiement qui la mènera au comité exécutif. L’employée concernée devra évaluer la situation et prendre une décision en conséquence, et ce, en conformité avec les encadrements en vigueur. Considérant les éléments de confidentialité reliés au dossier de l’employée et aux dossiers des élèves ainsi que par respect pour toutes les personnes impliquées, la CSRS ne fera aucun autre commentaire dans ce dossier », commente la CSRS.