Robert Gauthier présidera l’encan.

Les trésors de la brocante de Robert Gauthier aux enchères

Les curieux qui se rendront à l’encan Robert Gauthier, dimanche, pénétreront dans une véritable caverne d’Ali Baba. L’antiquaire, l’un des seuls encore actifs au Saguenay–Lac-Saint-Jean, tente de redorer l’image de la brocante, qui a connu des jours plus glorieux. Il organise son cinquième encan de l’été, au cours duquel une pièce de collection particulière sera mise à l’enchère. Un tableau du peintre Marc-Aurèle Fortin, évalué à 170 000 $, plaira sans aucun doute aux amateurs d’art, tandis qu’une foule d’objets et de meubles antiques tenteront de trouver preneur. Et les visiteurs peuvent s’attendre à un vrai spectacle.

L’encan, à l’image de ce qui se fait dans les grandes villes ou de ce qu’on peut voir à la télé, aura lieu au commerce de Robert Gauthier, situé au 46, rue Jacques-Cartier Ouest, à Chicoutimi. Le sous-sol de l’immeuble a été réaménagé dernièrement, afin, justement, d’y organiser des encans.

« Disons que le secteur de l’antiquité a connu des jours meilleurs. Je dirais que depuis quatre ans, ce n’est vraiment pas très fort, a affirmé Robert Gauthier, lorsque rencontré à son commerce, vendredi. Je cherchais un moyen d’attirer les gens et de faire connaître le commerce, tout en offrant aux clients de belles pièces aux amoureux d’antiquités. J’ai donc rénové et réaménagé le sous-sol en salle d’encan », explique Robert Gauthier, antiquaire depuis une vingtaine d’années. Avant de se lancer dans ce domaine, M. Gauthier oeuvrait en restauration. Il a notamment été propriétaire du restaurant La Sauvagine, situé jadis sur la rue Jacques-Cartier également.

Certains pourraient croire que les meubles anciens et les objets décoratifs d’une autre époque ont la cote auprès des gens, puisque la mode du vintage est bien visible dans les magazines de décoration. « Le vintage, ce n’est pas vraiment la même chose, puisqu’on parle plutôt de meubles et d’objets transformés. Moi, je suis vraiment un antiquaire pur et dur ! J’aime les vraies vieilles pièces, ce qui est un peu moins populaire. Disons que ce n’est pas un marché facile ces temps-ci », note Robert Gauthier.

Les clients réguliers de l’antiquaire savent déjà que les lieux regorgent de trésors. De la vaisselle au vaisselier, en passant par des secrétaires, des buffets, des classeurs, des tableaux, des bijoux, des appareils photo ; Robert Gauthier a ramassé, au fil des années, de nombreuses pièces de collection.


« Un encan, c’est une pièce de théâtre ! C’est vraiment agréable. »
Robert Gauthier

Parmi les pièces mises à l’encan, Robert Gauthier est bien fier du tableau de Marc-Aurèle Fortin, un peintre québécois qui a consacré son oeuvre aux paysages de la province. Le tableau, une huile de 36 par 48 pouces, est évalué à 170 000 $. « C’est la locomotive de l’encan, j’ai fait de la publicité avec ça, mais je ne sais pas s’il va trouver preneur. Le marché de l’art, disons intermédiaire, n’est pas non plus dans ses bonnes années. Les très grandes oeuvres se vendent très cher, mais les oeuvres intermédiaires se vendent de moins en moins cher. Il y a un grand écart entre les deux. Mais c’est un tableau remarquable », a souligné M. Gauthier.

Les quatre précédents encans de Robert Gauthier ont attiré un nombre modeste de visiteurs. Il espère que ce cinquième saura en attirer davantage. Si une trentaine de personnes s’y rendent, il dira mission accomplie. Parce que cet événement vise à assurer la pérennité du commerce.

« Je ne peux pas dire que j’organise un encan pour une cause, c’est vraiment pour une raison pécuniaire. Mais il faut que je trouve un moyen financier pour que je puisse continuer à tenir boutique. Un moment donné, l’argent doit rentrer pour poursuivre les affaires », souligne Robert Gauthier, qui est un véritable passionné de la brocante.

Une autre pièce pourrait également attirer l’attention des amoureux d’histoire. Un certificat sur lequel la reine Élisabeth II et le duc d’Édimbourg ont apposé leur signature, lors de leur visite dans la région, le 22 juin 1959. Le document est authentique.

Le tableau de Marc-Aurèle Fortin est évalué à 170 000$.

Une pièce de théâtre

Ceux et celles qui prendront place dans la salle d’encan peuvent s’attendre à un vrai spectacle. « Un encan, c’est une pièce de théâtre ! C’est vraiment agréable, comme on voit à la télé, les gens ont du plaisir à voir ça », note Robert Gauthier.

L’encan débutera à 11 h, dimanche. Les portes ouvriront à 9 h, pour une visite des lots. Les gens pourront ainsi voir de près ce qui sera mis à l’enchère. « C’est comme un prémagasinage », précise l’antiquaire.

Le commerce regorge de petits et grands trésors.