Les gens qui voulaient visiter le parc national d’Oka se sont heurtés à une barricade érigée par des membres de la communauté mohawk de Kanesatake, mercredi.
Les gens qui voulaient visiter le parc national d’Oka se sont heurtés à une barricade érigée par des membres de la communauté mohawk de Kanesatake, mercredi.

Les Mohawks de Kanesatake bloquent l’accès au parc national d’Oka

Les gens de la région de Montréal qui piaffaient d’impatience pour se rendre au parc national d’Oka, l’un des nombreux parcs de la SÉPAQ qui redeviennent accessibles pour certaines activités de plein air, se sont heurtés à une barricade érigée par des membres de la communauté mohawk de Kanesatake vers 8h30 mercredi matin.

Bien que le parc se trouve à trois kilomètres du territoire autochtone et que les visiteurs n’ont pas à traverser ce dernier pour accéder au parc et à sa célèbre plage, les Mohawks refusent d’y laisser entrer qui que ce soit de l’extérieur.

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Selon le maire d’Oka, Pascal Quevillon, le ton a monté entre un visiteur et les gens du barrage routier et on a failli en venir aux coups.

«Présentement, la Sûreté du Québec n’intervient pas. La Sûreté du Québec me répond que c’est un dossier politique, donc j’ai demandé au premier ministre François Legault de demander à la Sûreté du Québec d’intervenir», a-t-il expliqué en entrevue avec La Presse canadienne.

Vaines discussions

Rejoint sur les lieux de la barricade, le maire Quévillon a précisé que les Mohawks ne sont pas armés. Il dit avoir discuté de vive voix durant 45 minutes avec le grand chef Serge Otsi Simon, mais en vain.

«J’ai essayé de le raisonner en lui expliquant que c’était impensable, qu’on ne pouvait pas mettre une bulle de verre sur Oka et sur Kanesatake. J’ai des citoyens qui vont travailler à Montréal et qui reviennent à Oka. J’ai des citoyens qui travaillent dans le milieu de la santé, qui travaillent avec des patients qui ont la COVID-19 et qui reviennent à Oka», a-t-il fait valoir.

«J’ai expliqué au grand chef que toutes les mesures qui ont été mises en place depuis le début par la santé publique pour éviter les engorgements dans les hôpitaux, pour que la santé publique ne perde pas le contrôle, c’est ça la raison initiale pourquoi ils nous ont confinés, qu’ils ont mis des mesures en place. La COVID est là pour rester. Il faut apprendre à vivre avec. Gardons nos distances et soyons respectueux avec les gens qui viennent de Montréal et de Laval», a plaidé le maire.

Escalade et mise en demeure

Il s’agit d’une escalade par rapport aux dernières semaines, alors que les Mohawks ont érigé cinq barrages routiers sur le territoire de la municipalité pour en contrôler l’accès.

Exaspérée, la municipalité a envoyé une mise en demeure lundi dernier à la Sûreté de même qu’au ministère des Transports pour faire dégager les barrages routiers.

«Tous les contrôles routiers sont situés dans la municipalité d’Oka. (...) On demande que ces contrôles routiers soient retirés depuis plusieurs semaines et on a envoyé une mise en demeure lundi dernier à la Sûreté du Québec et au ministère des Transports pour qu’ils les retirent», a dit le maire Quévillon.

Il fait valoir que les Autochtones qui sont installés à ces contrôles routiers, qui sont situés à toutes les entrées de la ville, demandent à tous les conducteurs de présenter leur permis de conduire pour ne laisser passer que les résidants, une démarche qui est illégale.

Il reproche par ailleurs à la communauté autochtone de financer cette vigile avec des deniers publics.

«Ce qui est inconcevable, c’est que c’est financé à travers le ministère de Marc Miller, aux Services aux Autochtones qui a versé 533 000 $ à la communauté mohawk pour la gestion de la crise de la COVID-19 et c’est avec cet argent-là qu’ils font des contrôles routiers illégaux dans la municipalité d’Oka», fulmine-t-il.