Hydro-Québec chiffre à 80,1 millions $ les dépenses en mauvaises créances pour 2018. À ce montant, il faut ajouter des rabais de 13,1 millions $ sur les ventes pour les ménages à faible revenu.

Les mauvais payeurs auront coûté 93,2 M$ à Hydro-­Québec

Les mauvais payeurs ont privé Hydro-­Québec de revenus de 93,2 millions $ en 2018. Mince consolation, la société d’État avait estimé dans des documents déposés à la Régie de l’énergie que ses pertes devaient atteindre 111,7 millions $.

Selon des données fournies au Soleil, Hydro-Québec chiffre à 80,1 millions $ les dépenses en mauvaises créances pour 2018, soit une augmentation d’un peu plus d’un million de dollars par rapport à 2017. Il s’agit de familles ou d’entreprises n’ayant pas été en mesure de payer leurs factures d’électricité.

À ce montant, il faut ajouter les rabais sur les ventes pour les ménages à faible revenu. Il a été de 13,1 millions $, un bond d’environ 6 % par rapport à 2017.

«L’année 2018 se termine avec un écart favorable sur nos prévisions en ce qui concerne les dépenses de mauvaises créances et le rabais sur les ventes pour les ménages à faible revenu», répond dans un courriel le porte-parole d’Hydro-Québec, Louis-Olivier Batty. 

Aide aux consommateurs

«En plus de plusieurs facteurs qui peuvent faire varier les montants de mauvaises créances comme la vitalité de l’économie ou encore des températures plus froides qui entraînent des factures d’électricité plus élevées, cet écart s’explique également par les différentes mesures mises en place au cours des années», poursuit-il.

Hydro-Québec rappelle qu’afin d’aider les consommateurs, elle accompagne, entre autres, sa clientèle à faible revenu et en situation de précarité, elle fait la promotion du mode de versements égaux afin d’éviter les surprises durant l’hiver et elle offre aujourd’hui la possibilité de signer des ententes de paiement.

L’an dernier, 229 224 clients résidentiels ont conclu des accords avec le fournisseur d’électricité, soit environ le même nombre que la cuvée précédente. 

La société d’État mentionne avoir tout de même été contrainte de débrancher 43 477 ménages à travers la province. Il s’agit d’une diminution de 7 %. Précisons que depuis 2014, le nombre de clients dont le service a été interrompu (57 874) est en constante diminution.

«Au bout du compte, les dépenses de mauvaises créances sont assumées par l’ensemble des clients, notamment dans les tarifs d’électricité», rappelle Louis-Olivier Batty.

Depuis 2012, ce sont 668,2 millions $ qui n’ont pas abouti dans les coffres d’Hydro-Québec en raison des mauvaises créances et du rabais pour les ménages à faible revenu.

La semaine dernière, la société d’État a dévoilé ses résultats financiers pour l’année 2018. Son bénéfice net a grimpé de 12 %, à 3,19 milliards $. Cette performance tient compte d’un gain de 277 millions $ attribuable à la vente d’actifs dans sa filiale TM4.  

Hydro-Québec prévoit ainsi verser un dividende de 2,4 milliards $ dans les coffres de l’État, soit le deuxième plus important montant de son histoire.

Par ailleurs, les sommes perçues en trop par Hydro-Québec en 2018 se sont élevées à 182 millions $. La société d’État prévoit retourner 120 millions $ à sa clientèle.