Les expatriés n'auraient jamais dû perdre leur droit de vote, dit la Cour suprême

OTTAWA - Les expatriés canadiens auraient toujours dû garder leur droit de vote, de l'avis de la Cour suprême du Canada.

Sous l'ancien gouvernement Harper, les citoyens canadiens ayant quitté le pays depuis plus de cinq ans se sont vus refuser le droit de voter aux élections fédérales, en vertu d'une loi qui datait de 1993.
Deux Canadiens, privés de ce droit aux élections de 2011, se sont tournés vers les tribunaux pour s'en plaindre. Mais alors que leur aventure judiciaire était sur le point d'aboutir, le gouvernement Trudeau, en adoptant sa loi de réforme électorale en décembre, a redonné le droit de vote à tous les citoyens canadiens vivant à l'étranger.

Tout de même, dans un jugement de cinq contre deux, le plus haut tribunal du pays juge que la privation du droit de vote appliquée par l'ancien gouvernement conservateur était inconstitutionnelle. Le jugement pourrait donc servir de mise en garde pour tout gouvernement futur qui voudrait à nouveau ôter aux expatriés leur droit de vote.

Les deux Canadiens, Gillian Frank et Jamie Duong, qui ont porté cette cause devant la cour vivent aux États-Unis et disent avoir l'intention de revenir au Canada s'ils peuvent y trouver du travail. La famille de M. Duong vit toujours à Montréal où il est né.