Les Esséniens devront patienter quelques semaines

L’ordre des esséniens établi à Cookshire-Eaton saura au cours des prochaines semaines s’il peut en appeler de la décision du Tribunal administratif du Québec (TAQ) le forçant à détruire des bâtiments établis sur leurs terrains.

En janvier dernier, le TAQ avait confirmé une ordonnance rendue en septembre 2016 par la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ), qui obligeait l’Église essénienne à cesser toute activité de culte, résidentielle, de villégiatures, d’entreposage et d’utilisation commerciale sur une partie de la terre qu’il possède à Cookshire-Eaton. 

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« Tout ce processus est très difficile pour nous. On suit le cours des choses. Nous attendons de l’ouverture de la Ville qui n’en démontre pas malgré toutes les demandes de zonage que nous faisons depuis 2015. La Ville ne répond pas à nos lettres, à nos courriels; elle ne répond pas à rien. Pour eux, c’est le statu quo alors que nous voulons être l’ouverture pour s’asseoir avec eux », explique le pasteur Pierre-Antoine Marier de l’église essénienne.

L’église essénienne souhaite exposer à la municipalité son plan d’urbanisme de ce qu’elle souhaite faire comme projet.

« Nous voulons travailler avec eux. Il y a un apport économique important que nous pouvons amener. Des commerçants nous disent qu’ils perdent beaucoup dans ce statu quo. Pour le moment, il n’y a aucune ouverture de la Ville », explique le pasteur de l’église essénienne de Cookshire-Eaton.

Le débat s’est transporté devant le juge Patrick Théroux de la Cour du Québec, lundi, au palais de justice de Sherbrooke qui doit déterminer de l’autorisation d’en appeler de la décision du TAQ. 

« Le juge doit déterminer s’il donne la permission d’en appeler. La décision confirmait une ordonnance émise par la Commission de protection du territoire agricole du Québec a l’effet qu’ils devaient cesser une utilisation autre qu’agricole sur le territoire.et remettre en état des lieux pour les remettre à l’usage agricole », explique Me Karine L’Heureux qui représente la Ville de Cookshire-Eaton.

L’avocat des esséniens Me Julien Cabanac plaide que la décision de la CPTAQ a été rendue sans tenir compte des droits fondamentaux et de la liberté de culte des esseniens.

« Nous avons contesté cette décision devant le TAQ qui à notre sens n’a pas tenu compte non plus des droits fondamentaux. Nous en sommes rendus à demander  la permission à la Cour du Québec d’intervenir », explique Me Cabanac.

 Me Julien Cabanac et Pierre-Antoine Marier

Les Esseniens ont décidé volontairement d’arrêter de construire le temps que le litige judiciaire se règle.

« À notre avis ce serait quand même leur droit. Surtout que l’endroit en litige est très peu propice à l’agriculture. Ç’a été reconnu par la CPTAQ. Parallèlement, il y a un débat autour des règles municipales qui espérons-le sera tenu devant la Cour supérieure. Il y a plusieurs motifs de contestation soit le processus par lequel on a refusé de mettre les règlements en application et les règlements eux-mêmes qui empêchent la liberté de culte de façon indue », signale Me Cabanac.

La communauté a fait l’acquisition du domaine en 2007, et ce, dans l’optique de devenir la Mecque de la religion essénienne chrétienne.

La ville de Cookshire-Eaton n’en est pas à sa première situation problématique avec les Esséniens sur son territoire. En mai 2015, la municipalité reprochait à la communauté religieuse de ne pas avoir obtenu les permis afin de procéder à de nombreux travaux sur sa propriété. 

Dans une autre histoire, des procédures avaient été entamées par la municipalité afin de récupérer des taxes foncières qui n’avaient  pas été payées.

Me Karine L’Heureux